C’est un dialogue de sourds : Grève des salariés de Cerexagri à Marseille
À Marseille, les salariés de Cerexagri sont en grève depuis le 30 mai pour leur pouvoir d’achat et leurs conditions de travail. La production est mise à l’arrêt depuis bientôt un mois.
Depuis le 30 mai 2026, le site Cerexagri du Canet à Marseille (Groupe UPL) est à l’arrêt à 100 %. À l’appel de l’intersyndicale Sud Chimie et FO, les salariés ont déposé un préavis de grève reconductible. C’est le second en un mois, après la levée d’un précédent mouvement le 13 mai. Six réunions plus tard, aucun accord n’a été trouvé avec la Direction.
Le préavis du 30 mai dénonce une « rupture manifeste de confiance », les engagements pris lors de la levée du précédent mouvement n’ayant, selon les syndicats, pas été respectés. Au total, huit revendications sont portées, dont une augmentation générale de 250 euros sur le salaire de base, une prime de partage de la valeur (PPV) de 3 300 euros, l’intégration dans le salaire des pertes liées à la suppression des heures supplémentaires, la revalorisation de plusieurs coefficients, et la mise en place d’équipes de suppléance.
Pour Salah Lansab, délégué syndical Sud Chimie Cerexagri, le mouvement trouve sa source dans un sous-effectif chronique, compensé selon lui par des dépassements de la durée légale de travail par les équipes de nuit. Une situation qui a occasionné un taux d’absentéisme à 20 % sur plusieurs années, évoquant des salariés « à bout, épuisés ». « Les 25 bonshommes compensent les absences en dépassant la durée légale », pointe-t-il, soulignant que le risque psychosocial est avéré.
Salah Lansab a l’impression d’être « roulé dans la farine » par la Direction. Il dénonce l’absence d’avancée après cinq réunions. « La Direction refuse de répondre aux attentes des salariés. C’est un véritable dialogue de sourds. Pendant qu’on demande du pouvoir d’achat, ils suppriment les heures supplémentaires », regrette-t-il, citant une proposition patronale de PPV à 750 euros, bien loin des 3 200 euros demandés par les salariés.
« Le mouvement se cristallise, les positions se radicalisent. Mais les revendications des salariés sont justes et légitimes. On ne peut pas tolérer le sous-effectif sur un site industriel », ajoute-t-il. Le syndicaliste insiste sur le fait que les salariés ne reprendront pas le travail « tant qu’il n’y aura pas de réponse à hauteur des attentes ». L’arrêt total de la production continuera de s’organiser entre les 25 salariés, laissant les 100 tonnes produites chaque jour bien loin dans les souvenirs.
Le 2 juillet aura lieu la sixième réunion avec la Direction. Pourtant, les espoirs d’une avancée sont minces. « Le président va encore nous sortir les violons », commente Salah. Contactée, la Direction n’a pas souhaité s’exprimer sur la situation.
Source : France 3 Régions
