Dès qu’il y a un déficit, on pointe le personnel : Mobilisation à l’hôpital d’Aix-Pertuis contre le projet d’établissement 2026-2030

Plus d’une centaine de membres du personnel médical de l’hôpital Aix-Pertuis se sont mobilisés ce jeudi, aux côtés des syndicats FO et CGT, contre le plan d’établissement 2026-2030 proposé en conseil de surveillance. Ils redoutent de nouvelles suppressions d’emploi et demandent le retrait du projet.

La phrase extraite du projet d’établissement 2026-2030, stipulant que « notre enjeu est de faire mieux avec moins, non pas dans une logique de privation, mais de juste soin », a suscité l’indignation parmi le personnel. Face à ce projet, près de 150 membres du personnel médical selon les syndicats, et 50 selon la direction de l’hôpital, se sont rassemblés devant l’établissement et lors du conseil de surveillance. Cette situation reflète des tensions similaires dans d’autres hôpitaux, notamment à Allauch et Aubagne.

René Sale, secrétaire général de FO, a souligné l’importance de la mobilisation, précisant qu’il travaille à l’hôpital depuis 1980. Il a exprimé son mécontentement face à la gestion des déficits : « À chaque fois qu’il y a un problème de déficit à l’hôpital, et ça concerne près de 90% des hôpitaux en France, on dit que c’est la faute de l’organisation. On nous a annoncé un déficit de 22 millions d’euros en 2025 à Aix-en-Provence, dont la moitié pour des dépenses de personnel, soit 11 millions d’euros de masse salariale. »

Les syndicats demandent le retrait total du projet et le maintien de tous les postes à l’hôpital. Ils insistent également sur la nécessité de transformer les postes contractuels en postes statutaires.

Le directeur de l’hôpital, Francis Saint-Hubert, a déclaré que le projet ne contourne pas les défis actuels, notamment les tensions sur les effectifs et les contraintes budgétaires. Il a affirmé que le projet vise à apporter une réponse collective et lucide aux enjeux de l’établissement.

La précédente direction avait déjà procédé à des réductions d’effectifs considérables. René Sale a rappelé qu’ils étaient passés de deux binômes par jour pour 16 lits à un seul, et qu’un tableau détaillé en 2021 montrait un manque d’environ 250 personnes, avec seulement 25 postes comblés depuis.

Le manque de personnel a conduit à l’arrêt d’un service de neurologie, obligeant les patients à se rendre à la Timone, à Marseille. Cette situation est préoccupante et fait écho aux grèves illimitées à Allauch et aux menaces de suppression de 54 emplois à Aubagne.

Une enquête publique récente sur l’hôpital d’Aubagne a révélé un « plan d’efficience » signé avec l’Agence Régionale de Santé, impliquant des économies en ressources humaines. À Allauch, le personnel est en grève illimitée pour s’opposer à la fusion de leur hôpital avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille.

Une première réunion intersyndicale a eu lieu récemment, et une nouvelle rencontre est prévue pour le 1er juillet, où les syndicats pourraient décider de la suite du mouvement, incluant une « action collective, au niveau régional ».

Source : France 3 Régions

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