Lapsus, bourdes, pertes de mémoire : comment la chaleur sape nos capacités cognitives

Lapsus, bourdes, pertes de mémoire : comment la chaleur sape nos capacités cognitives

Mardi 23 juin, sur le plateau de Quotidien, le présentateur Yann Barthès a suscité une vague de réactions négatives après une chronique sur les records de température. Alors qu’une partie de la France subissait une canicule, ses blagues sur les Parisiens vivant sous les toits ont provoqué un malaise chez de nombreux téléspectateurs. Ce lapsus a mis en lumière un phénomène moins anecdotique qu’il n’y paraît : l’impact de la chaleur sur nos capacités cognitives.

La chaleur affecte non seulement notre confort, mais aussi notre performance mentale. Des scientifiques se penchent sur les effets physiologiques des fortes chaleurs sur le cerveau. Une étude menée en 2018 sur des étudiants a révélé que ceux sans climatisation avaient plus de difficultés à réfléchir et à répondre à des tests cognitifs. Une revue de littérature de 2021 a confirmé que l’augmentation de la température intérieure était corrélée à une diminution des performances cognitives.

Les résultats montrent qu’à partir de 24 °C, 30 % des travailleurs rapportent une baisse de productivité, selon une méta-analyse de 2018 publiée dans The Lancet Planetary Health. L’Organisation mondiale de la santé estime que la productivité diminue de 2 à 3 % pour chaque degré au-dessus de 20 °C.

Les conséquences de la chaleur ne se limitent pas à la productivité. Une méta-analyse de 2024 a établi qu’une augmentation de 10 °C est associée à une hausse de 9 % des crimes violents. Les périodes de forte chaleur entraînent également une augmentation des passages aux urgences pour des problèmes psychologiques et des suicides.

La chaleur a un impact direct sur l’irrigation cérébrale. Pour se refroidir, le corps redirige le sang vers la peau, ce qui peut réduire le flux sanguin vers le cerveau, affectant ainsi les fonctions cognitives. Des études montrent que des températures extrêmes peuvent entraîner des pertes de mémoire et des crises d’épilepsie.

Ces observations soulignent l’importance de maintenir des environnements de travail et d’apprentissage à des températures optimales, idéalement en dessous de 22 °C, pour préserver notre capacité cognitive et notre bien-être.

Source : L’Express

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