Pommes d’Algérie : Les producteurs s’inquiètent du manque de filets anti-grêle
En juin 2017, l’Algérie a pris la décision de réduire ses importations de pommes afin de soutenir sa filière locale. Cette initiative a permis aux agriculteurs de se lancer dans la culture de ce fruit, avec une production locale atteignant 575 000 tonnes en 2023, soit une augmentation de 4,8 % par rapport à 2022, selon le site spécialisé Tridge.
Cependant, près de dix ans après cette décision, les agriculteurs expriment des préoccupations face aux orages, notamment en raison du manque de filets anti-grêle pour protéger leurs vergers. Les wilayas de Batna et de Khenchela, qui produisent chacune 180 000 tonnes de pommes, ainsi que les régions de Sidi Bel Abbés et Médéa, font face à cette problématique. La culture des pommiers dans ces zones est favorisée par leur altitude, propice aux hivers froids.
Un agriculteur, au milieu d’un verger de jeunes pommiers, a récemment lancé un appel sur les réseaux sociaux au ministre de l’Agriculture et du Commerce extérieur, soulignant la nécessité de filets anti-grêle, souvent importés, pour protéger les récoltes. Cette préoccupation a été abordée par le ministère de l’Agriculture en 2019, lorsqu’il a annoncé l’ouverture de deux usines destinées à produire ces filets localement.
Pour soutenir la production locale, l’Algérie avait auparavant importé jusqu’à 80 000 tonnes de pommes en provenance de France durant la campagne 2014-2015. En réponse à cette situation, un Droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) a été instauré en 2017, protégeant ainsi les producteurs algériens, mais suscitant des plaintes de la part de leurs homologues français.
Actuellement, les prix des pommes en Algérie dépassent les 1 000 DA le kilo, ce qui a conduit le ministère du Commerce à fixer un prix plafond entre 350 et 450 DA le kilo en avril 2025. En janvier 2026, un dispositif de financement bancaire a été lancé pour aider les agriculteurs à investir dans des chambres froides, afin de lutter contre la spéculation.
Le manque de filets anti-grêle représente un défi supplémentaire pour la filière, alors que l’Algérie cherche à protéger et à développer sa production locale de pommes.
Source : Tridge, ministère de l’Agriculture