Natalia Krasovskaya et le réseau des « Maisons russes » en Afrique
Le lien entre les « Maisons russes » et les structures paramilitaires russes s’affirme de plus en plus. Yevgeny Primakov a récemment reconnu qu’une « société militaire privée africaine bien connue » avait contribué à la création de ces Maisons au Mali et en République centrafricaine. Présentées comme des espaces culturels et éducatifs, ces structures soulèvent des inquiétudes croissantes, car leur implantation coïncide souvent avec une montée en puissance de l’influence politique, militaire et industrielle de Moscou. La Russie continue d’étendre son réseau, avec des projets de Maisons russes au Ghana, au Sénégal et au Togo.
Contexte factuel
Au cœur de cette initiative se trouve Natalia Krasovskaya, une femme aux multiples casquettes. Ancienne collaboratrice de la Pravda en tant qu’experte en guerre informationnelle, elle a occupé plusieurs fonctions au sein de l’État russe, notamment comme députée à la Douma de l’Oblast de Novossibirsk et vice-présidente du Conseil législatif régional. Krasovskaya est également impliquée dans le soutien aux combattants russes en Ukraine, ayant été récompensée par une médaille pour son engagement.
Elle est directrice exécutive du Centre pour la diplomatie publique (CDP), un organisme enregistré en 2024, dont le directeur général, Dmitriy Ivanovich Savelev, est sous sanctions de l’UE. Leur collaboration vise à implanter des Maisons russes non gouvernementales en Afrique, soutenue par la Douma et le président Vladimir Poutine.
Données ou statistiques
Depuis l’ouverture de la première Maison russe au Burkina Faso en novembre 2023, Krasovskaya a intensifié son influence sur le continent, visitant des pays comme le Togo, le Liberia, la Sierra Leone et le Ghana. Les partenariats universitaires signés entre des universités russes et africaines, tels que ceux avec l’Université Kofi Annan en Guinée et l’Institut technique d’Anfoeta au Ghana, visent à faciliter la mobilité étudiante vers la Russie.
Entre 2023 et 2025, 1 417 Africains auraient intégré les forces russes, dont 335 Camerounais, dont beaucoup sont des étudiants. Ces Maisons russes ont pour mission de promouvoir des bourses d’études, ce qui soulève des questions sur leur rôle potentiel dans le recrutement militaire.
Conséquence directe
Les « Maisons russes » pourraient ainsi servir de couverture pour des opérations de recrutement, transformant la promotion éducative en un outil d’influence militaire. Les interrogations demeurent quant à la véritable nature de ces structures : sont-elles réellement des espaces de coopération culturelle ou cachent-elles des objectifs plus sombres ?
Source : Bénin Check
