De nombreux agriculteurs moissonnent la nuit en raison du risque accru d’incendie
En raison d’une canicule historique, les moissons sont interdites durant les heures les plus chaudes dans plusieurs départements français, car la moindre étincelle peut provoquer un départ de feu. Pour pallier ce risque, de nombreux céréaliers choisissent de moissonner à la nuit tombée, lorsque les sols sont plus frais.
Éclairé par les phares de la moissonneuse, un champ d’orge à Valence-d’Albigeois (Tarn) est récolté au milieu de la nuit. Cette pratique vise à prévenir les départs de feu. Tristan Labite, employé agricole, explique : « Comme l’humidité est remontée au sol, il y a moins de risque d’avoir un départ d’incendie dû aux étincelles. »
Depuis plusieurs jours, les chaleurs exceptionnelles empêchent les récoltes aux heures les plus chaudes. Par exemple, le travail d’une parcelle de 8 hectares a été arrêté tôt le matin du vendredi 26 juin et n’a repris qu’à la tombée du jour. Malgré ces précautions, la vigilance reste maximale face aux incendies.
Corentin Massol, entrepreneur agricole, souligne les mes de sécurité mises en place : « Accessible directement derrière le marchepied, on a juste une sangle à défaire et on sort l’extincteur. On a un extincteur aussi en cabine, et un dans la voiture d’escorte qu’on garde tout le temps au coin du champ. » Le danger principal provient des pierres qui peuvent percuter la moissonneuse, provoquant des étincelles.
Éloi Nespoulous, éleveur céréalier en Aveyron, s’inquiète également des rendements, qui sont bien moins élevés qu’attendus. « D’habitude, on peut avoir presque une pleine poignée. Là, on voit qu’avec un seul épi, il n’y a pas grand-chose. L’année dernière, on avait beaucoup plus de pailles, des épis beaucoup plus gros. Tout ça, c’est dû à une forte pluie au printemps et des grosses sécheresses à partir de fin mai. Aujourd’hui, on a des rendements à moitié moins », déplore-t-il.
Ces récoltes en berne et les moissons plus précoces pourraient avoir des conséquences significatives sur l’économie rurale cette année.
Source : Franceinfo
