Chantiers et bureaux : la température, un enjeu de santé au travail
Face aux vagues de chaleur, la température seule ne suffit pas à évaluer les risques pour la santé des travailleurs. Selon des experts et l’Organisation internationale du travail (OIT), il est essentiel de prendre en compte l’humidité, l’effort physique et l’environnement de travail pour établir des seuils d’alerte pertinents.
L’évaluation des risques liés à la chaleur est complexe. Jennifer Shettle, responsable du pôle juridique de l’INRS, souligne que « le critère température n’est pas suffisant ». En effet, il peut être nécessaire d’arrêter le travail même à des températures inférieures à 30°C, notamment si l’humidité est élevée. L’humidité joue un rôle crucial, car un taux élevé dans l’air limite l’évaporation de la transpiration, réduisant ainsi la capacité du corps à se refroidir.
L’INRS recommande des valeurs de 30°C pour des activités sédentaires et 28°C pour des travaux physiques comme repères pour des actions de prévention. Cependant, les seuils d’alerte de Météo France, qui tiennent compte de la vulnérabilité des territoires, sont jugés plus pertinents.
Pour mer le stress thermique, plusieurs indicateurs sont utilisés, dont le Wet Bulb Globe Temperature (WBGT), qui combine température, humidité, vitesse du vent et rayonnement solaire. Cet indicateur est reconnu comme le plus efficace pour évaluer le risque de maladies liées à la chaleur.
L’OIT insiste également sur l’importance de considérer l’intensité de l’effort physique et la vulnérabilité des travailleurs, notamment en cas de grossesse ou de maladies. Les seuils varient selon les pays, avec par exemple une température WBGT de 31,1°C à 32°C au Qatar pour un risque élevé, et une température de l’air de 27°C pour des travaux pénibles en Hongrie.
Annarita Piazza, chargée d’études chez Eurogip, rappelle que « le stress thermique est très compliqué à évaluer », ce qui rend difficile l’établissement d’une température maximale universelle à partir de laquelle le travail devrait s’arrêter.
Source : AFP
