Professeurs non remplacés, manque d’AESH, 198 fermetures de classes à la rentrée : un collectif de parents d’élèves à Toulouse réclame un moratoire sur l’école publique
Face à la difficulté chronique de remplacer les professeurs des écoles absents en Haute-Garonne, un collectif toulousain, « Brigades écoles Phénix », interpelle le recteur de l’académie de Toulouse, Karim Benmiloud, en demandant « un moratoire d’urgence sur le démantèlement de l’école publique ».
Le 15 juin, ce collectif a organisé un rassemblement devant l’école élémentaire François Ricardie à Toulouse, soutenu par des parents d’autres établissements tels que Calas-Dupont et Rangueil. Ils protestent contre l’absence de remplaçants, les fermetures de classes, et la gestion des remplacements. À 18h30, ils ont pénétré dans l’établissement où se tenait le conseil d’école.
Marianne Blanchard, mère d’élève et sociologue de l’éducation, explique que ce mouvement est né de la colère face aux mauvaises conditions d’enseignement. « Nous avons eu deux classes sans enseignant de manière durable, et on nous a annoncé la fermeture d’une classe l’an prochain », souligne-t-elle.
La demande d’un moratoire sur les fermetures de classes se heurte à la réalité d’une baisse démographique attendue dans les écoles en Haute-Garonne. Lors du dernier conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN), le directeur académique, Christian Mendivé, a proposé 176 ouvertures de postes et 198 fermetures.
À la rentrée 2026, 198 classes fermeront, bien que le renforcement de la brigade de remplaçants soit prévu avec l’ajout de 80 postes. Aucune création de poste n’est prévue dans le département, et l’inspection académique promet un accompagnement des élèves en situation de handicap et un engagement en faveur de l’égalité des chances.
Le collectif continue ses efforts avec une pétition en ligne qui a déjà recueilli plus de 1 100 signatures, soutenue par des députés de La France insoumise et des élus de l’opposition municipale à Toulouse.
Source : La Dépêche
