Frères et sœurs face au handicap : « Certains enfants se sentent coupables d’aller bien »
Pour Camille, 4 ans, Matthieu, son grand frère de 10 ans, est avant tout un compagnon de jeux. Ensemble, ils s’amusent à vider un sac contenant 200 balles en plastique dans les escaliers et à jouer avec Looping, leur golden retriever. Matthieu, qui est trisomique, fréquente une classe Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire) dans la même école que Camille, près de Versailles (Yvelines). Camille apprécie même de partager sa chambre avec lui de temps à autre, un plaisir qu’elle a découvert lors d’une rencontre amicale.
Cependant, Camille perçoit qu’il y a quelque chose de particulier chez Matthieu, qui se distingue de leur aînée Manon, 12 ans, et des autres familles. Elle fait face à des comportements uniques, comme des difficultés à comprendre les règles d’un jeu. Cela l’amène à poser des questions sur la situation de son frère. « Récemment, pendant la messe, Camille s’est approchée de moi et m’a demandé en chuchotant : “Maman, c’est vrai que Matthieu, il est… han-di-ca-pé ?” », raconte Laetitia Poussin, 41 ans. Cette prise de conscience a été révélatrice pour Laetitia, qui réalise qu’on n’avait jamais expliqué la situation à Camille sous cet angle.
Dès le plus jeune âge, le handicap soulève des interrogations. Les conséquences sur les frères et sœurs des enfants en situation de handicap ont longtemps été méconnues, mais elles font l’objet de nombreuses études depuis le début des années 2000, notamment grâce aux travaux de Régine Scelles, psychologue clinicienne, décédée en 2022.
Les recherches indiquent que les frères et sœurs de personnes en situation de handicap peuvent éprouver des sentiments de culpabilité, surtout lorsqu’ils se comparent à leur frère ou sœur. Cette dynamique émotionnelle peut influencer leur développement et leur bien-être.
Source : La Vie.