Double séisme au Venezuela : au moins 235 morts, quête éperdue des survivants
(La Guaira) Les recherches pour retrouver des survivants s’intensifient vendredi au Venezuela, où l’aide internationale commence à arriver, presque deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts selon un dernier bilan.
Un premier détachement militaire américain, dirigé par un général des Marines, est arrivé vendredi à Caracas pour « coordonner » l’aide américaine promise aux victimes, a annoncé Washington. Des images diffusées par l’AFP montrent des sauveteurs, parfois dans le plus grand dénuement, à mains nues et avec de simples pelles et seaux de plastique, s’affairant dans les décombres d’un immeuble effondré.
Le ministre de la Santé, Carlos Alvarado, a annoncé jeudi soir à la télévision d’État que 235 décès avaient été décomptés dans les hôpitaux. Par ailleurs, le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, a indiqué que 157 personnes étaient portées disparues et « plus de 200 personnes identifiées coincées dans les décombres ».
Trois Espagnols, neuf Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien et deux Chinois figurent parmi les victimes. Un ministre espagnol a également fait état de 99 compatriotes « disparus », sans préciser si certains étaient des binationaux.
« Silence absolu ! »
À l’épicentre du tremblement de terre, les équipes de l’AFP ont constaté d’impressionnantes scènes de destruction, laissant présager un nombre de victimes supérieur au bilan actuel. À titre de comparaison, des tremblements de terre de magnitude similaire ont causé plus de 200 000 morts à Haïti en janvier 2010, 73 000 morts dans le Cachemire en octobre 2005, et près de 53 500 morts à la frontière Turquie/Syrie en février 2023.
La zone la plus touchée est La Guaira, au nord de Caracas, où se trouvent l’aéroport international de Maiquetia, endommagé et fermé, ainsi que la ville côtière de Catia la Mar. « C’était terrifiant », raconte Lisbeth Vazquez, 37 ans, miraculée et sortie de justesse de son immeuble. « Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir. »
Les images aériennes de La Guaira montrent des résidences à piscine effondrées comme des châteaux de cartes. Sur place, des hommes tentent d’ouvrir les gravats d’un bâtiment à coups de marteau piqueur. Un ouvrier crie « silence absolu ! » pour écouter les voix d’éventuels survivants. D’autres secouristes, épuisés, n’ont même pas enlevé leur casque de chantier.
Aide internationale et état d’urgence
De nombreux pays, notamment d’Amérique latine, ont annoncé leur aide. Un avion du Salvador est arrivé sur place avec 188 secouristes, tandis que 80 secouristes suisses et un groupe de 80 secouristes mexicains, spécialisés dans les recherches de victimes de séismes, ont également été dépêchés.
Les États-Unis ont promis une réponse « importante, rapide et efficace », avec l’envoi de secouristes et un déblocage d’une aide de 150 millions de dollars. L’armée américaine déploiera des navires militaires, des avions et des hélicoptères pour soutenir les secours. La présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodríguez, a décrété l’état d’urgence peu après les secousses de magnitude 7,2 et 7,5.
D’après les données du Service géologique des États-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays pétrolier en crise économique avec près de 30 millions d’habitants.
« Tous les prisonniers politiques, civils et militaires, doivent être libérés dès maintenant et pouvoir retrouver leurs proches dans un pays qui, aujourd’hui, pleure, prie et œuvre ensemble pour apporter du réconfort à chaque famille qui souffre en ce moment », a plaidé l’opposante en exil et prix Nobel de la paix, María Corina Machado.
Source : Agence France-Presse
