Centrafrique: au procès de l’ex-président Bozizé, les accusations du fils d’un ancien ministre porté disparu

Centrafrique : Le procès de l’ex-président Bozizé se poursuit avec des accusations graves

En Centrafrique, le procès de l’ancien président François Bozizé et de trois de ses principaux responsables militaires se déroule actuellement devant la Cour pénale spéciale (CPS). Ils sont poursuivis pour des crimes contre l’humanité présumés commis à Bangui, Bossembélé et Bouar. Récemment, les premiers témoins ont été entendus, notamment Éric Massi, fils de l’ancien ministre et chef rebelle Charles Massi. Ce dernier a accusé Bozizé d’être responsable de la disparition et de l’assassinat présumé de son père, porté disparu depuis le 18 décembre 2009 après avoir rejoint la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP).

Éric Massi, vêtu de noir, a témoigné dans une atmosphère chargée d’émotions. Lors de son interrogatoire par le juge Aimé Pascal Delimo, il a exprimé son souhait de « faire le deuil de [son] père et vivre en paix ». Il a évoqué les circonstances entourant la disparition de Charles Massi, affirmant que celui-ci aurait été arrêté au Cameroun par des éléments de l’armée tchadienne, puis transféré à N’Djamena avant d’être remis à la Garde présidentielle de François Bozizé. Massi a décrit la prison de Bossembélé comme une prison politique, surnommée « Guantanamo », et a affirmé que son père serait décédé en janvier 2010.

Les accusations portées par Éric Massi n’ont jamais été reconnues par les autorités de l’époque, qui les avaient qualifiées de campagne d’intoxication. Charles Massi, ancien ministre sous les présidences d’Ange-Félix Patassé et de François Bozizé, avait pris la tête de la CPJP après une discorde politique. Plus de seize ans après sa disparition, l’affaire demeure non résolue.

Le procès par contumace de François Bozizé et de ses co-accusés se poursuivra avec l’audition d’autres témoins dans les jours à venir. François Bozizé, âgé de 79 ans, a pris le pouvoir en mars 2003 après avoir renversé le président Ange-Félix Patassé. Son mandat, marqué par l’instabilité et des conflits, s’est terminé en 2013 avec son renversement par une coalition de rebelles, la Séléka, entraînant une guerre civile dévastatrice.

L’ancien président a été condamné le 22 septembre 2022 à des travaux forcés à perpétuité pour « complot » et « rébellion » en tant que chef de la Coalition des patriotes pour le changement.

Source : RFI

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