La voiture, grande gagnante de la canicule

La voiture, grande gagnante de la canicule

La canicule a une grande gagnante : la voiture. Ironiquement, ce moyen de transport, souvent critiqué pour sa contribution au réchauffement climatique, devient le refuge privilégié contre ses effets. Camille Krier, directrice associée au sein de 6t-Bureau de recherche, souligne que la voiture est « le mode plébiscité en période de canicule ».

Selon une étude menée en 2024 par 6t-Bureau de recherche, plus de la moitié des automobilistes (53 %) trouvent leur véhicule agréable lorsque les températures dépassent 30 degrés Celsius. En comparaison, seulement 24 % des usagers des transports en commun, 22 % des cyclistes et 17 % des piétons partagent ce sentiment. Ce phénomène incite 16 % des usagers à utiliser davantage leur voiture pendant les épisodes de forte chaleur.

Avec la voiture en tête, l’usage des transports en commun connaît un déclin. Lors du pic de chaleur du 1er juillet 2025, la fréquentation des bus a chuté de 8 à 20 %, tandis que celle des RER et trains a diminué de 12 %. Plus de la moitié des piétons et cyclistes ont également déclaré réduire leurs déplacements, tandis que le recours au vélo a baissé d’environ 12 %.

Les chercheurs évoquent un « cercle vicieux de l’automobilité ». En 2023, les voitures particulières représentaient 18 % des émissions de gaz à effet de serre en France, un chiffre supérieur à celui de l’agriculture (17 %) et comparable à celui de l’industrie (20 %). De plus, ces véhicules contribuent à la formation d’îlots de chaleur urbains.

Un accès inégal à la climatisation

Ce refuge climatisé est toutefois inégalement réparti. Tom Dubois, urbaniste et porte-parole du Forum Vies Mobiles, note que les propriétaires de voitures récentes et climatisées sont souvent issus des classes les plus aisées. En revanche, ceux qui vivent dans des zones plus chaudes ou travaillent en extérieur utilisent souvent des véhicules d’occasion, moins bien équipés.

Quant aux trains, bien que la SNCF affirme que la majorité des TGV et trains régionaux sont climatisés, des incidents récents ont montré les limites de cette alternative. Par exemple, un TGV Paris-Bâle a été immobilisé pendant six heures en raison d’un problème mécanique, sans ventilation.

Perturbations sur le réseau ferroviaire

Les conditions climatiques extrêmes entraînent également des retards et des annulations sur le réseau ferroviaire, décourageant ainsi l’utilisation des transports en commun. Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités, a averti que les transports allaient « énormément souffrir » face à des températures proches de 41 °C.

Les solutions pour améliorer la situation incluent l’adaptation des infrastructures urbaines, la végétalisation des itinéraires et l’amélioration des systèmes de climatisation. Cependant, Tom Dubois souligne que les politiques publiques continuent de favoriser le système automobile avec des investissements massifs dans les infrastructures routières.

Conclusion

La voiture, bien qu’elle soit un refuge face à la chaleur, soulève des questions sur l’égalité d’accès à la mobilité et l’impact environnemental. La nécessité d’une transition vers des modes de transport plus durables devient de plus en plus pressante dans le contexte actuel de canicule.

Source : 6t-Bureau de recherche, SNCF, Forum Vies Mobiles.

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