La Ville a vécu au-dessus de ses moyens : un déficit de 3 millions d’euros débattu au Conseil municipal de Bergerac
Au Conseil municipal de Bergerac, le maire Fabien Ruet a dénoncé la gestion financière de la ville sous le mandat de son prédécesseur, Jonathan Prioleaud. Ce dernier avait approuvé des investissements de 11 millions d’euros pour 2025. Selon Ruet, la capacité d’autofinancement nette de la ville a chuté de 70 %, et la trésorerie ne permet de fonctionner que sur trois à quatre jours. Il a qualifié cette situation de « symptôme d’une maladie plus grave ». Pour y remédier, son équipe prévoit de mettre en place un plan d’économie budgétaire et une réorganisation des investissements, visant à économiser 1,7 million d’euros. Un emprunt de 1,3 million d’euros sera également contracté pour compenser le déficit.
« Créer le buzz »
Jonathan Prioleaud, désormais dans l’opposition, ne partage pas cette analyse. Bien qu’il reconnaisse un besoin de financement réel de 3 millions d’euros, il défend la pratique historique de la ville d’emprunter tardivement pour investir. Prioleaud souligne que des subventions de 1,65 million d’euros sont encore attendues pour financer des projets réalisés en 2025. Il accuse Ruet de « jouer les alarmistes » pour dramatiser la situation et « créer le buzz », en l’invitant à assumer ses responsabilités dans l’arbitrage des investissements.
Choix budgétaires
Pour l’année 2026, Fabien Ruet affirme que son équipe doit faire face à des choix budgétaires rigoureux. Plusieurs projets sont ainsi modifiés ou annulés. Sur les 800 000 euros initialement prévus pour la place de la République, 200 000 euros seront conservés pour le surfaçage et les cheminements piétons, tandis que le projet de pumptrack est annulé. Les travaux à l’église Notre-Dame sont reportés à 2027, et la construction de nouveaux vestiaires au complexe du Pont Roux, estimée à 1 million d’euros, est également suspendue.
Pour « revenir aux investissements du quotidien », 500 000 euros seront affectés à l’enveloppe de l’Agglomération pour la réfection des trottoirs. Le maire espère inverser la tendance dans les deux prochaines années et prévoit l’installation de « refuges climatiques » dans chaque école d’ici là. La majorité souligne également une « dette patrimoniale », avec 75 % des bâtiments n’ayant reçu aucun travaux durant le précédent mandat.
Source : Conseil municipal de Bergerac.
