La canicule impacte la productivité au travail en France
La canicule qui touche la France cette année a des répercussions significatives sur la productivité des salariés. Selon une étude d’Allianz Trade, la production horaire des employés diminue de 3 % pour chaque degré supplémentaire dans la fourchette de 30 à 35 °C. Les témoignages des travailleurs révèlent des journées éprouvantes, exacerbées par des problèmes de sommeil.
Patrick Martin, président du Medef, souligne que « la France tourne au ralenti », affirmant que cette canicule historique entraîne une désorganisation du travail et, dans certains cas, une réduction de l’activité. La chaleur accablante affecte la concentration et l’efficacité. Augustin*, un designer industriel, explique qu’il arrive au bureau à 7h30 pour éviter la chaleur, mais constate déjà 33 °C dans les bureaux, tandis que la température atteint 39 °C au cours de la journée.
Pour pallier à ces conditions, des climatiseurs portables ont été installés, mais leur efficacité est limitée. Dans ces bureaux étouffants, les employés adoptent diverses stratégies pour se rafraîchir, comme mouiller des serviettes. Augustin ajoute qu’il lui faut 30 à 40 % de temps en plus pour accomplir certaines tâches, se concentrant souvent sur les tâches les plus simples.
Les équipements informatiques ne sont pas épargnés, un ordinateur mettant deux minutes pour ouvrir un document, alors qu’il devrait le faire en quatre secondes. Ces dysfonctionnements techniques s’ajoutent à la fatigue accumulée due à un sommeil perturbé, aggravé par les températures nocturnes élevées. Allianz estime que la durée totale de sommeil perdu a augmenté de 6 % entre 2020 et 2024 par rapport aux années 1986-2005.
La Banque de France a également noté que les effets de cette chaleur sur la production sont « un peu ambigus » à court terme, mais qu’à moyen terme, ils sont clairement négatifs pour la croissance économique.
Dans le secteur du bâtiment, où les travailleurs sont particulièrement exposés, des mes sont prises pour adapter les horaires de travail. Environ 58 % des chefs d’entreprises signalent des retards de chantiers dus à la chaleur, et 55 % ont mis en place des horaires décalés.
Les conditions de travail sont devenues particulièrement difficiles, avec des témoignages de malaises dans certaines usines, illustrant les défis posés par des températures extrêmes. Selon la CGT, environ 3,6 millions de travailleurs sont directement exposés aux fortes chaleurs, avec des conséquences sur leur santé et leur productivité.
La canicule, exacerbée par le changement climatique, est un phénomène qui devrait se multiplier, selon les experts, et ses effets sur le monde du travail nécessitent une attention particulière.
*Le prénom a été modifié.
Source : Allianz Trade, Medef, Banque de France, CGT.
