Oligui Nguema aborde les défis de son mandat dans un entretien exclusif avec Jeune Afrique
Le 18 avril dernier, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a accordé un entretien à Jeune Afrique, où il a abordé divers sujets cruciaux, un an après son investiture. De la dette nationale aux coupures d’électricité, en passant par la justice et les relations internationales, le chef de l’État n’a esquivé aucun dossier.
Oligui Nguema a commencé par évoquer ses réalisations, notamment le retour aux urnes : « Ma principale fierté, c’est d’avoir rendu au Gabon ce qui lui avait été confisqué : le droit de choisir librement. » Il a également mentionné avoir organisé cinq scrutins en moins de deux ans, un chiffre qu’il considère sans égal dans la sous-région.
Cependant, il a reconnu les difficultés rencontrées par les Gabonais, notamment les délestages fréquents et la hausse du coût de la vie. « Mon principal regret est la persistance des délestages et des coupures d’eau, et le coût de la vie », a-t-il déclaré.
Concernant le secteur énergétique, Oligui Nguema a critiqué l’opérateur historique, la SEEG, qu’il a qualifié de « vidée de sa substance ». Il a attribué la crise à « quinze années d’abandon et de sous-investissement » et a annoncé un plan de réhabilitation pour 2025-2028, visant à ajouter 735 mégawatts d’énergie, avec un objectif de « zéro coupure » d’ici fin 2027-2028.
La question de la dette nationale a également été centrale dans l’entretien. Le président a affirmé avoir demandé un audit de la dette, mettant en avant un montant initial de 7 500 milliards de francs CFA. Il a noté que le spread des obligations gabonaises serait passé de 854 à 771 points de base depuis l’annonce d’un programme avec le Fonds monétaire international. Oligui Nguema a assuré qu’aucun accord ne serait signé au détriment du peuple gabonais.
Sur le plan judiciaire, il a abordé l’incarcération d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, insistant sur l’indépendance de la justice gabonaise. Il a également évoqué les procédures engagées par la famille Bongo depuis Londres, affirmant avoir « une sérénité totale » face à ces défis.
Concernant les relations internationales, Oligui Nguema a affirmé vouloir mettre fin au paternalisme de la France, tout en maintenant des liens étroits avec Emmanuel Macron. Avec les États-Unis, il a vanté une diplomatie « gagnant-gagnant », citant des projets concrets comme un data center par la société américaine Sebastian.
En conclusion, le président a souligné l’importance de rester proche du peuple pour éviter le syndrome d’hubris, résumant ses priorités en un mot : « dignité ».
Source : Jeune Afrique.
