La Conférence nationale des procureurs soutient les magistrats face à un « échec collectif »
La mort de Lyhanna est un « drame » et « un échec collectif », écrivent les procureurs qui pointent une nouvelle fois, un manque de moyens criant.
Le 24 juin 2026, la Conférence nationale des procureurs de la République (CNPR) a adressé une lettre à l’ensemble des procureurs de la République en métropole et outre-mer, exprimant son soutien face aux défis auxquels ils font face. Ce message fait suite à la publication d’un pré-rapport de l’inspection générale de la justice concernant l’affaire de Lyhanna, une jeune fille retrouvée sans vie dans un silo le 4 juin dernier.
Dans cette lettre, intitulée Lettre d’un procureur de la République à son substitut, la CNPR décrit la situation comme un « échec collectif » et souligne que « vous ne porterez jamais, seul, la charge immense des faits criminels que produit notre société ». Les procureurs insistent sur le fait que cette tragédie aurait pu se produire dans n’importe quel parquet, et que les défaillances identifiées sont le résultat d’une surcharge de travail et d’un manque d’outils adaptés.
La CNPR appelle à une mobilisation générale de tous les acteurs du système judiciaire, y compris les enquêteurs, magistrats du siège, et personnels administratifs, pour éviter que de tels drames ne se reproduisent. Elle exprime également des préoccupations quant à la charge de travail actuelle, mentionnant que certaines unités de police et de gendarmerie gèrent plusieurs centaines de procédures à la fois.
Les procureurs demandent une réflexion approfondie sur le nombre et la structuration des enquêteurs judiciaires, affirmant que ce drame doit être l’occasion pour les autorités exécutives et législatives de repenser le système judiciaire. Ils réitèrent leur unité, affirmant : « Procureurs, procureurs adjoints, vice-procureurs, et substituts, nous sommes tous membres d’un seul ministère public. »
Parallèlement, des sanctions ont été annoncées, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ayant demandé la mutation d’office de deux gendarmes, tandis que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a retiré à une magistrate son habilitation à traiter des affaires concernant des mineurs.
Cette situation soulève des questions cruciales sur les ressources allouées à la justice et l’efficacité des enquêtes judiciaires en France.
Source : Franceinfo
