L’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo : Les défis de la riposte sanitaire
Lors d’un point de presse à Genève, le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que, plus d’un mois après le début de l’épidémie, les équipes de première ligne avaient renforcé les capacités de dépistage et de traitement à un rythme inédit. Les conditions d’intervention restent toutefois extrêmement difficiles.
En un peu plus d’un mois, les capacités d’hospitalisation sont passées de moins de 10 lits à plus de 500, répartis dans 19 centres de santé. Les capacités de dépistage en laboratoire ont été multipliées, passant de 30 tests par jour à plus de 2 000 tests quotidiens, grâce à neuf laboratoires dans trois provinces.
Un diagnostic précoce qui sauve des vies
Tedros a souligné que les populations sont de plus en plus conscientes des risques liés à Ebola et demandent les moyens nécessaires pour se protéger. À ce jour, plus d’une centaine de personnes ont guéri, montrant qu’un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée permettent de sauver des vies. Cependant, les besoins demeurent immenses, avec 1 094 cas confirmés et 277 décès.
La propagation du virus inquiète également les pays voisins. L’Ouganda a enregistré 20 cas confirmés, dont deux décès, tandis que le Burundi et le Soudan du Sud n’ont pour l’heure détecté aucun cas, mais le risque y demeure élevé.
De nouveaux traitements à l’essai
L’OMS et ses partenaires prévoient de lancer un essai clinique pour évaluer l’efficacité de deux traitements antiviraux, le MBP134 et le remdesivir, afin de réduire la mortalité liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola. Les communautés concernées seront informées et impliquées dans ce processus.
Un accès humanitaire toujours insuffisant
Les conditions humanitaires continuent de freiner les opérations. L’OMS insiste sur l’urgence d’une action politique pour améliorer l’accès humanitaire et permettre aux équipes médicales d’atteindre les populations dans les zones affectées. Depuis la déclaration officielle de l’épidémie à la mi-mai, plus de 51 000 personnes ont reçu une aide alimentaire, mais les financements demeurent insuffisants.
Les soignants eux-mêmes exposés
Les personnels de santé sont également touchés par l’épidémie. Un travailleur humanitaire français de l’organisation ALIMA a été testé positif au virus après avoir pris en charge des patients en RDC. Près de 80 soignants ont été infectés depuis le début de l’épidémie. L’OMS appelle à renforcer les mes de protection pour ces intervenants.
Des obstacles persistants
De nombreux obstacles entravent la riposte, notamment le suivi des contacts, la pression sur les centres de traitement, et les difficultés liées aux enterrements sécurisés. Cette épidémie se déroule dans un contexte de crise humanitaire durable.
Face au risque de propagation régionale, 8 millions de dollars ont été débloqués par l’ONU pour renforcer les capacités de détection et de réponse au Burundi et au Soudan du Sud. En Ouganda, 4 millions de dollars supplémentaires ont été alloués pour soutenir les efforts de surveillance et de mobilisation communautaire.
Les organisations humanitaires espèrent que la mobilisation internationale répondra à l’urgence ressentie par les populations, confrontées à l’une des plus graves crises de santé publique de la région.
Source : OMS
