L’UPA accuse Hydro-Québec de détruire des érablières

Hydro-Québec accusée de sacrifier des érablières pour un projet de ligne à haute tension

(Québec) L’Union des producteurs agricoles (UPA) dénonce Hydro-Québec pour la destruction d’érablières dans une région à fort potentiel acéricole, en raison d’un projet de ligne à haute tension. La société d’État justifie ce projet par les « besoins grandissants » en électricité au Québec et affirme avoir pris des mes pour limiter la perte d’entailles.

L’UPA a pris position jeudi concernant l’axe Vallée-du-Saint-Laurent. Ce projet de ligne de 735 kV, prévu pour 2032, vise à transporter davantage d’électricité vers l’ouest de la province, reliant Portneuf à Lanaudière sur une distance de 170 km. Hydro-Québec, dans un courriel à La Presse, souligne que cette nouvelle ligne est nécessaire pour répondre à une demande électrique en hausse, avec une prévision d’ajout de 9 000 MW d’ici 2035.

Pour Cendrix Bouchard, porte-parole de la société, la construction de cette ligne est essentielle pour garantir la robustesse du réseau et l’alimentation des grands centres de consommation. Cependant, l’UPA conteste le tracé retenu et les compensations jugées insuffisantes. Le président de l’UPA Capitale-Nationale–Côte-Nord, Yves Laurencelle, déclare que l’offre de 25 $ par entaille est inacceptable, affirmant que cela ne reflète pas la valeur économique réelle des érablières touchées.

Avec le tracé actuel, selon M. Laurencelle, 18 000 érables seraient menacés dans Portneuf, une région considérée comme ayant un potentiel acéricole très élevé en raison des changements climatiques. Il souligne que les compensations proposées ne suffisent pas, car ces érablières seront définitivement endommagées.

L’UPA a tenté de dialoguer avec Hydro-Québec pour trouver des alternatives, mais déplore que les propositions n’aient pas été intégrées. Malgré la relocalisation d’une portion du tracé à Sainte-Christine-d’Auvergne, qui permettrait de préserver environ 4 000 entailles, l’UPA estime que cela ne compense pas la perte globale.

Hydro-Québec défend ses actions en affirmant avoir limité l’impact du projet sur les érablières, tout en rappelant qu’elle détient des droits de servitude acquis dans les années 1970, permettant la construction de la ligne. Toutefois, M. Laurencelle conteste la valeur de ces servitudes, affirmant qu’elles ont été acquises à un prix dérisoire à l’époque.

L’UPA, mécontente, envisage d’autres moyens de pression au-delà de son communiqué de presse. Hydro-Québec, de son côté, affirme que la nouvelle ligne est cruciale pour sécuriser l’avenir énergétique du Québec.

Source : La Presse

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