C’est parti pour la chasse !
En envoyant une fusée en orbite seulement 16 heures et 42 minutes après en avoir reçu l’ordre, Rocket Lab a établi un record mondial de réactivité. Ce déploiement ultra-urgent s’inscrit dans un test pour traquer un satellite cible.
La mission Victus Haze, lancée le 19 juin 2026 à 22h19 (heure de Nouvelle-Zélande), utilise la fusée Electron pour simuler un scénario de poursuite spatiale. Le but fondamental de cette mission est de traquer un satellite, illustré par le tweet de Peter Beck, le PDG de Rocket Lab, qui a accompagné son message du célèbre thème musical de « Les Dents de la mer ».
Le chasseur, nommé Pioneer, est un satellite construit par Rocket Lab, tandis que la cible, Jackal, a été conçu par True Anomaly et a été mis en orbite par SpaceX le 3 mai 2026. Pendant plusieurs jours, les deux appareils simuleront des manœuvres complexes, permettant de tester les capacités de réponse face à un comportement suspect d’autres satellites.
Avant cette course-poursuite en orbite basse, Rocket Lab a dû démontrer son extrême disponibilité. Commandée par la Space Force américaine dans le cadre du programme Tactically Responsive Space (TacRS), la mission visait à tester la réactivité des industriels américains en cas de crise majeure. Le précédent record détenu par la mission Victus Nox a été battu de plus de 10 heures.
Le processus de lancement a été minutieusement orchestré. Le bureau Space Safari a mis Rocket Lab en alerte, permettant une activation en moins de 48 heures. L’équipe GNC (Guidage, Navigation et Contrôle) a ensuite calculé la trajectoire finale en quatre heures, et la fusée a décollé avec sa charge utile 16 heures et 42 minutes après l’ordre de tir.
Cette performance repose sur une intégration verticale, où Rocket Lab a géré l’ensemble du processus, de la fabrication à l’opération en orbite, réduisant ainsi les délais et les frictions potentielles liées à des sous-traitants.
Peter Beck a déclaré que cette mission illustre la puissance spatiale moderne, soulignant la capacité à adapter rapidement l’architecture spatiale au service de la sécurité nationale. Pour le lieutenant-colonel Lincoln Miller de la Space Force, cela démontre que les États-Unis peuvent priver leurs adversaires d’un avantage stratégique sur de nouvelles orbites.
Maintenant que le tir d’urgence a été validé, le jeu du chat et de la souris commence en orbite.
Source : Numerama
