Lors des assises européennes du centre-ville, tenues les 6 et 7 novembre 2025 à Paris, Glen Castanheira, directeur général de Montréal centre-ville, a souligné l’importance de la collecte de données et de la collaboration avec le secteur privé pour revitaliser les centres-villes. Ces enjeux sont illustrés par la 8e édition d’une enquête sur l’état du centre-ville de Montréal, qui analyse divers aspects tels que la sécurité, la mobilité et l’attractivité commerciale.
Traiter la question de la sécurité, vécue comme une priorité
Cette enquête révèle une préoccupation croissante concernant la sécurité, avec une augmentation des actes criminels, notamment les vols de véhicules. Ainsi, 78 % des travailleurs du centre-ville se sentent peu ou pas en sécurité en raison de l’itinérance, et 46 % des commerçants font face à des conflits au moins une fois par mois. En réponse, une brigade de sécurité de proximité a été mise en place, active tous les jours de 8h à 22h.
Parallèlement, le taux de vacance commerciale stagne à 20 %, tandis que le télétravail plafonne à 13 % des employés. Ces éléments mettent en lumière des défis importants pour l’attractivité des centres-villes.
Il faut identifier où se situe le problème et ne pas travailler que sur les symptômes
Les données montrent également que le magasinage connaît un regain d’intérêt, mais d’autres activités comme se balader ou rencontrer des amis sont également des motivations pour se rendre en centre-ville. Cependant, les mises en chantier résidentielle ont chuté de 73 %, soulignant une demande toujours élevée pour des logements.
La participation des acteurs privés considérée comme indispensable
La collaboration avec le secteur privé est jugée essentielle pour la revitalisation des centres-villes. Glen Castanheira a cité un exemple où une exposition artistique a été financée à 80 % par des partenaires privés, illustrant la rapidité d’action possible en dehors des protocoles administratifs traditionnels.
Dominique Consille, directrice des programmes Action cœur de ville et Petites Villes de demain à l’ANCT, a également souligné que les initiatives de redynamisation attirent souvent des investisseurs privés, comme en témoigne le projet de Toul où un acteur privé a acquis un bâtiment pour en faire des logements.
« Le rapport sur l’avenir du commerce de proximité va dans le bon sens »
Le rapport sur l’avenir du commerce de proximité, remis au gouvernement le 5 novembre, a été salué par des élus comme un pas dans la bonne direction, en insistant sur l’importance de donner plus de pouvoir aux maires pour gérer le développement de leurs centres-villes.
› La revitalisation du centre-ville au cœur des préoccupations des habitants de la métropole du Grand Paris
Selon un baromètre des attentes des habitants de la métropole du Grand Paris, 70 % estiment que la revitalisation du centre-ville doit être une priorité pour les élections municipales de 2026. Ce sujet est perçu comme crucial, juste après la sécurité. De plus, 66 % des habitants souhaitent davantage d’espaces piétons et 57 % désirent participer aux décisions concernant l’avenir de leur centre-ville.
La métropole a mis en place le programme « Centres-villes vivants » pour accompagner les communes dans la redynamisation de leurs centres, avec un budget de 30 millions d’euros pour la troisième édition. Ce programme a déjà permis de soutenir 91 villes, avec des subventions totalisant 28,5 millions d’euros.
E.Z.
