La NASA perd le contact avec une sonde spatiale pendant trois ans
Les sondes explorant le Système solaire dépendent d’un réseau d’antennes géantes pour asr leur communication avec la Terre. Récemment, une défaillance au sein du Deep Space Network, en Californie, a mis en lumière comment une série d’erreurs humaines peut entraîner l’immobilisation d’un instrument crucial pour l’exploration spatiale.
Comment l’avarie d’une antenne du Deep Space Network s’est produite
Le 16 septembre 2025, l’antenne DSS-14, une parabole de 70 mètres située à Goldstone, en Californie, suivait la sonde Juno, qui orbite autour de Jupiter depuis une décennie. Lors de cette opération, l’antenne a pivoté excessivement, mettant à mal ses câbles et conduites. Cette surcharge a provoqué la rupture des tuyaux du système anti-incendie, entraînant une inondation et des dommages considérables. Depuis cet incident, l’antenne est hors service.
Une cascade de pannes et de gestes malheureux
Un rapport d’enquête de la NASA, publié en juin 2026, a retracé une série d’erreurs consécutives. Un défaut électrique non détecté avait altéré la me de position de l’antenne la veille de l’incident. Cela a conduit à plusieurs arrêts de sécurité durant le suivi de Juno. En cherchant à résoudre le problème, les opérateurs ont multiplié les interventions, contournant involontairement des protections logicielles et matérielles.
La situation s’est aggravée avec la découverte de l’inondation. En tentant de replier l’antenne par précaution, les équipes ont dépassé ses limites de rotation, poussant l’antenne dans une direction problématique. De plus, un système hydraulique censé prévenir ce type de situation était hors service depuis un incident antérieur non documenté, ce qui n’a pas été vérifié.
L’enquête a également révélé une culture de travail où les opérateurs étaient incités à agir rapidement, souvent au-delà de leurs compétences, exacerbée par des procédures inadéquates et des savoir-faire non documentés. L’événement a été classé parmi les incidents les plus graves de l’agence.
Un réseau déjà au bord de la saturation
Le Deep Space Network, établi en 1963, se compose de trois stations situées autour du globe pour garantir une communication continue avec les sondes. Actuellement, il fonctionne à pleine capacité, avec une demande dépassant parfois l’offre de 40 %, et cette surcharge pourrait atteindre 50 % dans les années 2030. Le programme Artemis, qui prévoit un atterrissage humain sur la Lune en 2028, risque d’aggraver la situation.
La remise en état de l’antenne, incluant maintenance et améliorations, n’est pas attendue avant octobre 2028, avec un coût estimé entre 4,1 et 4,6 millions de dollars.
Source : NASA.
