REPORTAGE.

« C’est l’homme du peuple » : dix ans après le Brexit, la figure populiste Nigel Farage séduit toujours en Grande-Bretagne

Alors que le Premier ministre Keir Starmer vient d’annoncer sa démission, lundi, le parti d’extrême droite Reform UK caracole en tête dans plusieurs sondages.

Dix ans après le Brexit, le pub The Moon and Starfish à Clacton-on-Sea est devenu un point de ralliement pour les partisans de Nigel Farage. Ce dernier, figure emblématique du mouvement europhobe, continue de séduire une partie de la population britannique, malgré un consensus croissant sur le fait que le Brexit a été une erreur. En effet, des sondages récents montrent que Reform UK est en tête avec environ 28 % des intentions de vote, tandis que les travaillistes peinent à maintenir leur position.

Dans cette station balnéaire vieillissante, Farage, vêtu d’un costume impeccable, échange avec ses supporters. Tricia, une de ses admiratrices, déclare : « Je vote Reform UK alors je veux qu’il soit notre futur Premier ministre. C’est l’homme du peuple. » Farage, qui a dirigé l’UKIP puis le Brexit Party, se présente comme un homme ordinaire, proche des préoccupations des électeurs.

Interrogé sur son bilan dix ans après le référendum, il admet avoir commis des erreurs, mais insiste sur l’importance de l’indépendance retrouvée du Royaume-Uni : « Oui, on a fait des erreurs, mais au moins nous sommes indépendants. Une démocratie souveraine, c’est ce que toute nation devrait être. »

Malgré les déceptions liées au Brexit, certains de ses partisans, comme Michael, un ancien électeur du « Remain », estiment que le vrai sujet aujourd’hui est l’immigration. « On a fait cette erreur, mais aujourd’hui le vrai sujet, c’est l’immigration. Les petits bateaux, » dit-il, faisant référence aux migrants tentant de traverser la Manche.

Les chercheurs, comme Joël Reland du think tank UK in a Changing Europe, notent que le soutien à Farage va au-delà du Brexit. « Beaucoup de gens ne le voient pas comme l’artisan du Brexit. Pour eux, le Brexit a échoué, mais la responsabilité est attribuée aux gouvernements suivants, » explique-t-il.

Aujourd’hui, Farage a recentré son discours sur l’immigration, dénonçant la Convention européenne des droits de l’homme comme un nouvel adversaire. Dix ans après le référendum, Reform UK continue d’exercer une influence significative sur la scène politique britannique.

Source : franceinfo

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