Pourquoi la canicule décime-t-elle les élevages avicoles ? – franceinfo

Ces derniers jours, plusieurs centaines de milliers de volailles sont mortes dans les élevages français. Lors de la canicule de 2003, 2% du cheptel français avait été décimé.

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Un élevage de dindes. (SEBASTIEN JARRY /PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP)
Un élevage de dindes. (SEBASTIEN JARRY /PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP)

« La moitié des poulets sont morts », constate un matin un éleveur vendéen. « Jusqu’à 10 000 volailles mortes en une nuit », relève de son côté le président de la FDSEA des Côtes-d’Armor mercredi 24 juin. Face à la canicule qui frappe la France depuis quelques jours, les volailles offrent peu de résistance.

Leur vulnérabilité s’explique par le fait qu’elles ne transpirent pas. C’est par la respiration qu’elles évacuent la chaleur. En conséquence, au-delà de 30 degrés, leur rythme cardiaque s’emballe et les volailles finissent par mourir en s’étouffant, souvent en seulement quelques heures. « Dans les bâtiments, il faisait 38-39, Elles n’arrivaient plus à respirer, confirme l’éleveur vendéen qui a perdu 6 000 de ses volailles, soit la moitié de son cheptel. Elles étaient couchées au sol, à chercher la moindre goutte d’oxygène ».

Les poules, poulets, dindes et cailles se retrouvent à hyperventiler sous l’effet de fortes chaleurs et ont naturellement tendance à s’entasser, ce qui crée encore plus de chaleur. Les animaux meurent ensuite de choc thermique. Paradoxalement, les poules de plein air ne sont pas moins vulnérables que celles élevées en batterie, car elles se réfugient dans les bâtiments quand il y a trop de soleil dehors, et ces derniers ne sont pas forcément adaptés. Même quand ils sont ouverts et ombragés, cela ne suffit pas à faire baisser la température, surtout si la nuit a été très chaude.

Pour mieux protéger les volailles, il est essentiel de les ventiler au maximum afin qu’elles puissent respirer. Cela implique l’installation de ventilateurs et de brumisateurs pour les rafraîchir, tout en trouvant l’équilibre entre vent et humidité pour éviter l’apparition de maladies. Des systèmes de refroidissement des hangars existent, mais restent très coûteux pour la plupart des éleveurs.

La recherche se penche également sur le sujet pour trouver des solutions d’adaptation des volailles au changement climatique. Elle travaille sur des aliments qui pourraient aider les bêtes à supporter la chaleur, ainsi que sur des techniques pour les habituer à des températures élevées afin d’améliorer leur résistance. Lors de la canicule de 2003, environ cinq millions de dindes et de poulets étaient morts de la chaleur, représentant 2% du cheptel national.

— Source : Franceinfo.

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