Saisie surprise de transats et parasols sur la plage de La Ciotat
Ce jeudi 25 juin au matin, les agents de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) ont procédé à l’enlèvement du matériel de plusieurs établissements situés sur la grande plage de La Ciotat, en raison du recul du trait de côte. La municipalité a déclaré qu’elle n’était pas informée de cette opération.
Aux alentours de 9h, Evelyne Lelieur, propriétaire de deux établissements de plage, le KS13 et La Vague, a assisté à l’intervention des agents qui ont saisi l’ensemble des matelas orange et parasols de son établissement. Les zones de restauration, quant à elles, n’ont pas été affectées. Evelyne Lelieur a exprimé son incompréhension, déclarant : « On ne m’a donné aucun document, aucun justificatif. Je ne peux que m’asseoir et les regarder faire ! »
La Préfecture des Bouches-du-Rhône a justifié cette intervention en indiquant qu’elle visait à mettre fin à une occupation non autorisée du domaine public maritime, après plusieurs contrôles et demandes de mise en conformité restées sans réponse.
Un recul du trait de côte avait été décidé par la DDTM en août 2025, modifiant ainsi la délimitation du domaine public maritime, ce qui a entraîné l’intégration de 260 mètres de bâtiments privés dans ce domaine. Evelyne Lelieur a déploré cette situation, affirmant : « En clair, la propriété n’existe plus. On est complètement dépossédés. »
Elle conteste également la réalité du recul du trait de côte, soulignant que « l’eau est même plus basse que dans les années 1930 ! ». Le couple a engagé deux procédures judiciaires pour contester l’étude de la DDTM et demander une indemnisation.
Du côté de la mairie de La Ciotat, l’étonnement est partagé. Jean-Marc Martinez, adjoint en charge de l’environnement, a déclaré : « Nous n’étions pas du tout au courant, l’Etat ne nous a pas prévenus. » Bien que des discussions aient eu lieu entre la municipalité et l’État concernant le recul du trait de côte, la mairie espérait un accompagnement des entreprises touchées plutôt qu’une intervention brutale.
En réponse à cette situation, la mairie prévoit de mettre en place une cellule d’accompagnement pour les salariés concernés. Jean-Marc Martinez a affirmé : « Il faut que l’activité commerciale perdure dans cette zone. »
Malgré la saisie de son matériel, Evelyne Lelieur a annoncé qu’elle maintiendrait ses restaurants ouverts, déclarant : « Mes restaurants seront ouverts demain et s’il faut que je rachète des transats, j’en rachèterai ! »
Source : France 3 Provence-Alpes.
