Commentaire d’actualité23 Avril 2026
François ECALLE
Les dépenses publiques en France ont connu une évolution significative entre 1975 et 2025, marquée par une augmentation de 11,0 points du rapport des dépenses publiques au PIB. Cette hausse a été particulièrement marquée entre 1975 et 1985, avec une augmentation de 8,0 points. Par la suite, de 1985 à 2010, la croissance a été plus modérée, avec une hausse de 3,5 points, avant de connaître une légère baisse de 0,5 point de 2010 à 2025, malgré des variations annuelles importantes.
La croissance des dépenses publiques en volume a également diminué au fil des décennies, passant de 3,2 % en moyenne annuelle de 1975 à 1990, à 2,4 % de 1991 à 2010, puis à 1,2 % de 2011 à 2025. Cette tendance reflète une progression moins forte du rapport des dépenses au PIB, même si la croissance du PIB a également ralenti.
Cette augmentation de 11,0 points de PIB est principalement attribuée aux prestations sociales, qui ont contribué à hauteur de 8,5 points, suivies des subventions et autres transferts pour 1,5 points, et de la masse salariale des administrations publiques pour 0,5 point. En revanche, le poids des achats courants de biens et services est resté relativement stable, tandis que celui des investissements a diminué de 1,0 point.
Concernant la charge des intérêts de la dette publique, elle a d’abord crû, atteignant 3,6 % du PIB en 1996, avant de diminuer à 1,3 % en 2020 grâce à la baisse des taux d’intérêt. Cependant, elle a de nouveau augmenté pour atteindre 2,2 % en 2025.
Les dépenses par catégorie d’administrations publiques, disponibles depuis 1978, montrent que les administrations sociales ont vu leurs dépenses augmenter de 7,8 points en pourcentage du PIB, tandis que celles des administrations locales ont augmenté de 3,1 points, en partie en raison de transferts de compétences de l’État. En revanche, le poids des administrations centrales a diminué de 1,4 point.
Sur la période 1995 à 2024, les dépenses publiques primaires (hors intérêts de la dette) ont augmenté de 2,5 points en pourcentage du PIB, avec des contributions significatives des retraites (2,0 points) et des dépenses de santé (1,9 point).
Les principales baisses des dépenses ont concerné les services généraux (-0,8 point), les affaires économiques (-0,7 point), la défense (-0,7 point), l’éducation (-0,7 point) et la politique familiale (-0,4 point), représentant une diminution totale de 3,3 points pour ces fonctions.
Ces données soulignent les changements structurels dans les priorités de dépenses publiques en France au cours des cinq dernières décennies.
Source : FIPECO, INSEE