Les Pays-Bas ont envoyé leur ministre du Commerce à Washington pour freiner une loi qui priverait ASML d’une partie de son marché chinois. Le fabricant de machines à puces, sans qui aucun processeur moderne n’existe, se retrouve coincé entre deux alliés.
Le ministre néerlandais du Commerce extérieur, Sjoerd Sjoerdsma, a récemment fait le déplacement à Washington pour défendre ASML contre le « MATCH Act », un projet de loi américain qui pourrait restreindre davantage les ventes de machines à puces à la Chine. ASML est le principal fabricant mondial de machines de lithographie, essentielles à la production de circuits intégrés.
Une loi qui pourrait affecter ASML
Le MATCH Act, proposé en avril 2026, vise à étendre les restrictions d’exportation déjà en vigueur. Actuellement, ASML est interdit de vendre ses machines de lithographie ultraviolette extrême (EUV) à la Chine. Si la loi est adoptée, d’autres machines moins avancées (DUV) pourraient également être concernées.
Ce qui préoccupe les autorités néerlandaises, c’est la portée de cette législation qui pourrait permettre aux États-Unis de contrôler ce qu’une entreprise néerlandaise peut expédier, même sous la législation néerlandaise. Sjoerdsma a décrit sa visite comme « exceptionnelle » pour exprimer directement les inquiétudes des Pays-Bas au Congrès.
Impact économique sur ASML
La Chine représente environ 19 % des ventes nettes d’ASML, une part qui a atteint un tiers du chiffre d’affaires en 2025. Pour une entreprise ayant réalisé 32,7 milliards d’euros de ventes l’année dernière, cela représente des milliards d’euros de revenus potentiels. De plus, le MATCH Act pourrait également affecter la maintenance des machines déjà installées en Chine, ce qui constituerait une perte de revenus récurrents pour ASML.
Les États-Unis cherchent à ralentir le développement technologique de la Chine, mais se mettre à dos ASML pourrait avoir des conséquences indésirables, car l’entreprise fournit également des géants de la tech comme TSMC et Samsung.
