Une mise en garde du pape Léon XIV contre l’optimisation permanente
Le pape Léon XIV a publié une encyclique intitulée Magnifica Humanitas, dans laquelle il met en garde contre les dangers de la culture de la performance et de l’optimisation permanente, en lien avec les avancées de l’intelligence artificielle (IA). Ce texte s’inscrit dans un intérêt historique du Vatican pour les questions technologiques, qui remonte à plus d’une décennie, avec des dialogues entre le Saint-Siège et les acteurs de l’IA.
Léon XIV, qui souhaite être le pape de l’intelligence artificielle, évoque des préoccupations similaires à celles de son prédécesseur, Léon XIII, qui avait abordé la condition ouvrière à l’ère de la révolution industrielle. L’Église, en tant qu’acteur majeur dans le secteur de la santé et de l’éducation, considère les enjeux technologiques comme cruciaux pour sa mission.
Le message central de l’encyclique souligne que l’IA doit être au service de l’humain, et non l’inverse. Léon XIV met en avant la nécessité de préserver la dignité humaine face aux logiques algorithmiques, en s’opposant à l’uniformisation des comportements et en plaidant pour une résolution pacifique des conflits, tout en s’opposant aux armes létales autonomes.
Cette encyclique représente une actualisation de la doctrine sociale de l’Église, en réaffirmant des valeurs telles que le bien commun et la dignité humaine, tout en les confrontant aux défis contemporains posés par la technologie.
Le Vatican a également établi des échanges avec divers acteurs de la Silicon Valley, cherchant à établir un dialogue qui pourrait enrichir les réflexions éthiques sur l’IA. Le pape, en tant que chef d’État et leader spirituel, n’a pas d’intérêts économiques à défendre, ce qui lui permet d’exprimer une vision libre et critique sur les avancées technologiques.
L’impact de cette encyclique pourrait se faire sentir dans les débats politiques, notamment en dehors de l’Union européenne, en réinterrogeant certaines orientations actuelles. Bien que Léon XIV ne cherche pas à établir une feuille de route politique, son texte alimente les réflexions collectives sur l’usage de l’IA dans la société.
Source : Public Sénat
