Antoine Baillargeon, un chef québécois à Nassau
À 41 ans, le chef Antoine Baillargeon possède un solide parcours. Sa nouvelle pâtisserie, Parasol, à Nassau, rappelle d’ailleurs ses débuts à la Pâtisserie de Gascogne, à Cartierville, où il a travaillé dès ses 17 ans. « J’ai toujours eu une affection particulière pour les petites boutiques de café, croissants et pâtisseries. »
En 2021, par une froide journée post-pandémie, le gagnant de l’émission Les chefs! en 2018 reçoit une offre pour travailler comme sous-chef au nouveau restaurant Café Boulud de Nassau sous les ordres de son ami, le chef David Lepage. Il n’hésite pas une seconde. « J’avais besoin de changement… et l’idée de vivre au soleil avait son charme », raconte celui qui avait été sous-chef chez Boulud à Montréal. Un an plus tard, Antoine est promu chef exécutif et se réalise pleinement dans son environnement de travail.
C’est ainsi qu’est né Parasol, lancé en septembre 2025 avec sa femme, Tanae Adderley-Baillargeon. Ce café-boutique s’adresse autant aux expatriés qui cherchent une bonne baguette qu’aux habitants, friands de produits français. Viennoiseries, pâtisseries, sandwichs, salades : une offre simple et maîtrisée. « J’ai un pâtissier, mais je mets la main à la pâte pour les créations. Et je fais les croissants et les chocolatines chaque matin. » Tanae, comptable de formation, gère les finances et l’arrière-boutique.
Le décor, moderne et épuré, porte une signature québécoise, celle d’Alain Carle, d’Atelier Carle, à qui l’on doit entre autres le design du restaurant Monarque, à Montréal, où Antoine Baillargeon a été chef exécutif.
Antoine Baillargeon met également en valeur les produits locaux de son pays d’adoption : miel artisanal, ananas au printemps et mangue l’été. « J’ai créé un roulé à la cannelle avec de la goyave. J’essaie de surprendre. » Les goûts varient selon la clientèle. Selon Antoine, « les Bahamiens veulent des portions généreuses, des gâteaux à étages au fromage ou au chocolat bien crémeux. Les Européens et Nord-Américains préfèrent des classiques plus épurés : gâteau basque, choco-noisette. »
Deux passages suffisent pour constater le succès : queue à l’heure du midi, clientèle fidèle. Alors que Parasol prend son envol, un autre projet se prépare : son premier enfant est en route. Rêve-t-il d’un retour au Québec ? « Oui, on se voit ici encore cinq ans. J’aimerais que notre fille commence l’école au Québec. Un jour, ouvrir un restaurant à Montréal… pas comme chef-vedette, ce n’est pas ma personnalité. Juste pour se bâtir une belle vie. »
Cinq coups de cœur d’Antoine Baillargeon à Nassau :
Bon Vivants, Café & Cocktail Bar : « À mon arrivée à Nassau, j’habitais à deux minutes de Bon Vivants. J’y allais tous les jours. Le décor tropical, très bahamien, s’inspire d’Ernest Hemingway. Tout est bon, bien exécuté, et je leur fournis mes croissants quotidiennement. »
Love Beach : « C’est là que Tanae et moi décrochons pendant nos congés. Love Beach est l’une des plus belles plages de Nassau. On y va toute l’année et l’été, l’eau est d’un calme incroyable. »
Island Brothers : « Notre adresse préférée pour une soirée en amoureux, et sans doute l’un des meilleurs restaurants de l’île. »
Le cinéma de The Island House : « La culture me manque parfois sur l’île. Pour cette raison, le cinéma de The Island House est formidable, car on y présente des superproductions et des films de répertoire. »
Café Boulud : « Comme j’y ai travaillé près de cinq ans, impossible de ne pas le recommander. Daniel Boulud est un mentor. Tout ce qu’il touche est impeccable. »
Cette réussite illustre non seulement le parcours d’un chef talentueux, mais également l’attrait croissant pour la gastronomie française dans les Caraïbes.
Source : La Presse
