Antonio Guterres réclame la transparence sur l’empreinte carbone et hydrique des infrastructures IA
Lors de la London Climate Action Week, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé les géants de l’intelligence artificielle à faire preuve de transparence concernant l’impact environnemental de leurs infrastructures. Cette initiative vise à inciter les entreprises à mer et à publier des données précises sur leur empreinte carbone, leur consommation d’eau et l’occupation foncière de leurs activités.
Une consommation énergétique alarmante
Les centres de données mondiaux, qui alimentent des modèles de langage tels que ChatGPT et Gemini, ont consommé 448 térawattheures (TWh) d’électricité en 2025, selon une étude de l’ONU. À titre de comparaison, cette consommation est presque équivalente à celle de la France, qui s’élève à 468 TWh pour la même période. Au-delà de l’électricité, Guterres a souligné que l’intelligence artificielle nécessite d’importantes ressources en eau pour le refroidissement des serveurs. Les projections de l’ONU estiment que d’ici 2030, l’eau utilisée pour refroidir ces datacenters pourrait répondre aux besoins fondamentaux de 1,3 milliard d’habitants de l’Afrique subsaharienne pendant un an.
Une industrie en pleine expansion
Cette prise de position intervient alors que le secteur des infrastructures de calcul connaît une forte croissance. La demande accrue en puissance de traitement pousse les entreprises à développer des complexes informatiques de plus en plus vastes. Par exemple, le superordinateur Colossus de SpaceX et xAI loue entre 110 000 et 220 000 GPU Nvidia à des entreprises comme Anthropic et Google, générant ainsi d’importants revenus.
Appel à la standardisation des indicateurs d’impact
L’ONU insiste sur la nécessité pour le secteur technologique de standardiser ses indicateurs d’impact environnemental. Antonio Guterres a souligné que les communautés locales doivent être mieux informées des conséquences environnementales des infrastructures qui se développent autour d’elles. En intégrant cette dimension technologique à un plan d’action plus large, qui inclut également la réduction des émissions de méthane et la fiscalité des énergies fossiles, l’ONU cherche à établir un cadre réglementaire plus strict. La question demeure de savoir si les leaders du marché de l’IA accepteront de lever le secret industriel concernant l’efficacité énergétique de leurs modèles.
Source : BFM Tech
