Pesticides dans les aliments importés : Foodwatch appelle l’UE à réagir
L’association de défense des consommateurs Foodwatch a demandé à l’Union européenne de revoir son projet concernant la sécurité alimentaire et les contrôles de pesticides. Cette demande fait suite à la détection de substances interdites dans des aliments importés de pays tiers, dépassant les limites tolérées.
Foodwatch souligne qu’il est fréquent de trouver des résidus de pesticides non autorisés dans l’UE, ce qui résulte de failles dans le cadre juridique actuel. L’ONG critique également le fait que la Commission européenne ne réduit pas automatiquement les limites de résidus tolérés lors de l’interdiction d’une substance. En outre, Bruxelles continue d’autoriser la production de pesticides interdits sur le continent, qui sont ensuite exportés et réimportés en Europe.
Des tests effectués sur 64 produits importés de pays tiers, incluant thé, épices et riz, ont révélé que 14 d’entre eux contenaient des pesticides interdits dépassant les limites maximales de résidus (LMR) établies par le règlement européen. Parmi ces produits, deux ont été achetés en France : un paprika doux moulu Ducros, contenant des résidus d’insecticides chlorfénapyr et flonicamide, et du riz Le Thaï de Taureau Ailé, contenant de l’anthraquinone au-delà des limites légales.
Au total, 45 des 64 produits testés présentaient des résidus de pesticides interdits, certains cumulant jusqu’à une vingtaine de ces substances. Les néonicotinoïdes et l’isoprothiolane, un fongicide utilisé sur le riz, étaient parmi les plus fréquemment détectés.
Foodwatch a appelé l’UE à établir de manière urgente une limite maximale de résidu à zéro pour tous les pesticides non autorisés, à mettre fin au commerce de ces substances, et à rejeter le paquet législatif « Omnibus » actuellement en préparation. Ce projet, selon l’ONG, permettrait des études d’impact individuelles au lieu d’une réduction automatique des LMR, entraînant un assouplissement des règles sur les évaluations de sécurité des substances.
Source : La Croix