Zimbabwe : Le Sénat adopte une réforme constitutionnelle prolongeant le mandat présidentiel
Le Sénat zimbabwéen a approuvé mercredi une réforme constitutionnelle par une large majorité, prolongeant de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa, qui pourra ainsi rester au pouvoir jusqu’en 2030. Cette révision, entamée en février dernier, modifie également le mode de scrutin pour l’élection du président et des députés.
« Soixante-quinze sénateurs ont voté en faveur du projet de loi et quatre se sont prononcés contre », a annoncé Mabel Chinamona, présidente du Sénat, lors d’une intervention à la télévision nationale. Après son adoption par l’Assemblée nationale le 18 juin, cette réforme doit maintenant être signée par le président pour entrer en vigueur. Emmerson Mnangagwa, âgé de 83 ans, est arrivé au pouvoir en 2017 suite à un coup d’État militaire qui a renversé Robert Mugabe, et pourrait ainsi passer douze ans à la tête du pays à l’issue de ses deux mandats.
Le projet de loi, qualifié de coup d’État constitutionnel par l’opposition, prévoit également l’abrogation du suffrage direct pour les élections présidentielles instauré en 1987. Désormais, ce seront les parlementaires, dont le mandat sera également prolongé de deux ans, qui désigneront le futur chef d’État.
Le parti au pouvoir, le Zanu-PF, justifie cette réforme par la nécessité de garantir la stabilité politique. En revanche, l’opposition dénonce des actes d’intimidation, son leader, Tendai Biti, ayant été arrêté en mars dernier.
Source : RFI