Des sondes des années 60 viennent d’apporter une réponse au paradoxe de Fermi
Une étude récente publiée dans The Astrophysical Journal propose une nouvelle explication au paradoxe de Fermi, suggérant que l’absence de signaux extraterrestres pourrait être due aux conditions météorologiques autour des étoiles hôtes, rendant ces signaux indétectables. Cette recherche s’appuie sur des données réelles de communication spatiale collectées au cours des dernières décennies.
En 1950, le physicien Enrico Fermi s’interrogeait sur la présence potentielle de civilisations extraterrestres dans un univers vaste et riche en planètes habitables. Malgré des décennies de recherche, notamment à travers le programme SETI, aucune détection convaincante de signaux extraterrestres n’a été réalisée. L’étude menée par Vishal Gajjar, astronome à l’Institut SETI, remet en question notre capacité à détecter ces signaux plutôt que leur existence.
Les astronomes se concentrent sur des signaux à bande très étroite, des pics de puissance radio qui ne couvrent que quelques hertz, considérés comme des signatures technologiques. Cependant, la météorologie spatiale, comprenant des particules chargées et des éjections de masse coronale, altère l’environnement spatial autour des planètes. Par conséquent, lorsqu’un signal à bande étroite traverse le plasma interplanétaire, il peut se dissiper sur une gamme de fréquences plus large, le rendant indétectable.
L’étude de Gajjar et de sa collègue Grayce Brown repose sur une vaste collection de données historiques, incluant des communications entre la Terre et des sondes spatiales telles que Mariner IV et Viking, pour modéliser l’impact des étoiles similaires au Soleil sur les signaux hypothétiques émis par leurs exoplanètes.
Les naines rouges, qui représentent environ 75 % des étoiles de la Voie lactée, posent un problème particulier, car leur météorologie stellaire intense rend les signaux provenant de leurs exoplanètes particulièrement vulnérables à la dissipation. Les chercheurs recommandent que les futurs programmes de recherche, tels que le télescope SKA-Low, prennent systématiquement en compte ces effets pour améliorer les chances de détection de technosignatures.
Cette étude pourrait transformer notre approche des recherches SETI, indiquant que le silence radio ne signifie pas nécessairement l’absence de signaux, mais plutôt une inadéquation entre ce que nous cherchons et la forme que ces signaux prennent après leur voyage interstellaire.
Source : The Astrophysical Journal
