Gaspillage : pourquoi 7 000 tonnes de médicaments sont détruites chaque année en France ?
En 2024, 7 675 tonnes de médicaments non utilisés ont été collectées et incinérées en France. Bien que ce volume diminue progressivement, il demeure considérable. Ce phénomène entraîne des coûts importants pour la collectivité et a un impact environnemental significatif. Pour mieux comprendre les comportements des patients et agir de manière plus efficace, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’Assurance maladie, en partenariat avec Cyclamed, ont réalisé une étude dont les résultats ont été publiés récemment.
L’étude révèle l’ampleur du gaspillage de médicaments en France. L’ANSM et l’Assurance maladie ont mené une étude inédite, baptisée PERIMED, qui dresse un portrait précis des médicaments non utilisés et des raisons de cette non-utilisation.
Des médicaments courants souvent jetés
La majorité des médicaments rapportés appartient à quelques grandes catégories. Les traitements respiratoires, digestifs, neurologiques et cardiovasculaires représentent à eux seuls 80 % des retours. Les médicaments les plus fréquemment retrouvés incluent des antalgiques (comme le paracétamol et le tramadol), des laxatifs (macrogol, lactulose) et des antibiotiques (amoxicilline).
Un constat marquant est que 4 boîtes sur 10 ne sont même pas périmées lorsqu’elles sont rapportées. Cette proportion souligne l’importance de suivre les recommandations de l’ANSM, qui préconisent de rapporter les médicaments encore valides à la fin d’un traitement plutôt que de les conserver sur le long terme.
Pourquoi cette « non-consommation » ?
Les raisons de la non-utilisation des médicaments sont multiples :
- Non-observance : Certains patients arrêtent prématurément leur traitement en raison d’effets indésirables, d’une efficacité jugée insuffisante, ou d’une amélioration des symptômes.
- Modalités de dispensation : Certains médicaments délivrés « au cas où » peuvent ne pas être consommés.
- Conditionnements : Des boîtes contenant plus de comprimés que nécessaire pour la durée réelle du traitement contribuent au non-usage.
- Durées de conservation : Des dates de péremption parfois courtes pour certains médicaments conduisent à des destructions avant utilisation.
Ce gaspillage a un impact financier significatif. Selon les estimations de cette étude, 517 millions d’euros par an sont remboursés pour des médicaments finalement non utilisés, dont une grande partie est encore consommable. De plus, la production de médicaments génère plus de 9 millions de tonnes de CO2 chaque année en France, ce qui représente un coût environnemental non négligeable.
Comment améliorer l’usage des médicaments ?
Face à ce constat, plusieurs solutions sont envisagées. Adapter la taille des boîtes aux besoins réels des patients pourrait réduire le surplus. Allonger la durée de conservation de certains médicaments courants, lorsque cela est possible, est également à l’étude. Les professionnels de santé ont un rôle clé à jouer, en ajustant mieux les prescriptions et en accompagnant les patients dans le bon usage des traitements.
Source : ANSM, Assurance maladie, Cyclamed.
