Un week-end à Paris : l’auteur de BD Enki Bilal prend ses quartiers dans le Marais
Des dieux égyptiens flottant au-dessus de Paris, des astronautes mélancoliques et des villes suspendues entre ruines et futur : Enki Bilal, créateur emblématique de la bande dessinée, a trouvé une adresse pérenne dans le Marais. Le fonds Enki Bilal y consacre une exposition inaugurale à son œuvre, qui mêle bande dessinée, peinture, arts graphiques et cinéma, et qui a profondément marqué l’imaginaire collectif. À l’entrée, une tête métallisée monumentale représentant l’androïde Exterminateur 17 ouvre le parcours, tandis que les murs présentent les débuts d’un dessinateur précoce.
Né Enes Bilal à Belgrade en 1951, il arrive en France à l’âge de dix ans. Remarqué par Goscinny dans sa jeunesse, il est révélé dans les années 1970 par le magazine Pilote. Sa collaboration avec le scénariste Pierre Christin donne naissance à des albums devenus des classiques, avant qu’il ne développe une esthétique personnelle, peuplée de personnages mélancoliques et de sociétés en mutation.
Avec des œuvres majeures telles que la trilogie Nikopol, La Femme piège, et Le Sommeil du monstre, Bilal a contribué à faire entrer la bande dessinée dans le champ de l’art contemporain. Il affirme : « La bande dessinée, c’est de l’art contemporain ! » Ce premier lieu permanent dédié à la bande dessinée à Paris est également un laboratoire artistique, imaginé par le galeriste Jean-Baptiste Barbier et orchestré par Clémentine Hustin, directrice du Festival d’Angoulême.
Le fonds Enki Bilal s’étend sur 260 mètres carrés dans l’ancienne galerie Denise René, qui a accompagné la carrière de Vasarely. Plus qu’un musée, il se veut un espace vivant, libre et ouvert à d’autres formes artistiques.
Actuellement, une rétrospective offre aux visiteurs plus de 200 planches originales, peintures, sculptures et documents rares. Ces œuvres permettent d’explorer les thématiques récurrentes de Bilal, telles que les « mémoires de demain », le chaos politique et les enjeux écologiques, tout en invitant à découvrir l’atelier mental d’un visionnaire européen.
Source : L’Express
