La Suisse se retire de l’aide au développement en Amérique latine
La Suisse a annoncé son désengagement complet de la coopération au développement en Amérique latine. Dans un contexte de finances fédérales tendues, le Conseil fédéral a établi les priorités de la coopération internationale pour la période 2029-2032, mettant l’accent sur l’aide humanitaire.
Cette réorientation est conforme au plan d’allègement budgétaire 2027, permettant une réduction des dépenses de près de 20 millions de francs par an à compter de l’année prochaine. Le cadre financier de la coopération internationale (CI) demeurera stable, avec environ 2,4 milliards de francs par an, sous réserve des décisions parlementaires, a déclaré le président de la Confédération, Guy Parmelin.
Les pays prioritaires seront déterminés selon les besoins sur le terrain, les intérêts suisses et la valeur ajoutée de la Suisse par rapport aux autres pays donateurs. Ignazio Cassis, chef du Département fédéral des affaires étrangères, a souligné que s’engager ne signifie pas être présent partout.
Le principe « un pays, un office » sera appliqué, ce qui signifie que la Direction du développement et de la coopération (DDC) et le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) ne travailleront plus dans les mêmes pays, réduisant ainsi les doublons.
Bien que la Suisse se retire de la coopération au développement en Amérique latine, elle continuera ses efforts pour renforcer le secteur privé et soutenir le développement économique dans ces pays, a précisé Helene Budliger Artieda, secrétaire d’État à l’économie.
Le Conseil fédéral a également clarifié les domaines de compétence de la DDC et du SECO. La DDC se concentrera sur les pays à faible revenu, notamment en Afrique et en Asie, axant ses efforts sur la santé, l’État de droit, le climat et les migrations. De son côté, le SECO s’occupera des pays à revenu intermédiaire, favorisant des conditions propices au commerce et aux investissements.
Enfin, le Conseil fédéral entend renforcer l’aide humanitaire, qui sera priorisée lors de crises majeures et de secours d’urgence. La part de l’aide humanitaire dans le budget de la coopération internationale passera de 26 % à environ 40 %. Entre 2020 et 2025, le Conseil fédéral a demandé au Parlement 13 crédits supplémentaires, totalisant plus d’un milliard de francs.
Sources : ats/hkr
