Bleu comme l’été | Quand les pagayeurs construisent des canots

Quand les pagayeurs construisent des canots

Jacques Chassé est un pagayeur. Après avoir initié ses enfants aux plaisirs du canot-camping, il pagaie maintenant avec ses petits-enfants.

« Le canot a ça en particulier que les autres sports d’eau vive n’ont pas nécessairement, affirme-t-il. Il y a une culture de transmission générationnelle qui existe. C’est remarquable combien de gens ont essayé le canot avec leur grand-père ou avec leur père, et ça se transmet de génération en génération. »

Jacques Chassé est également le président-directeur général d’Esquif International, une entreprise de Frampton qui fabrique des canots et les expédie sur plusieurs continents. Avec plus de 30 ans d’expérience, l’entreprise a connu des hauts et des bas, mais elle est maintenant solide, affichant une croissance « constante et très agréable ».

« Depuis deux ans, je fais plus de canot que j’en ai fait au cours des 10 à 15 années précédentes », indique-t-il.

C’est en 1997 que Jacques Chassé a commencé à fabriquer des canots, d’abord pour ses amis. À l’époque, il était très impliqué dans le ski alpin de compétition sur la Rive-Sud, dans la région de Québec. Pour maintenir la dynamique familiale, il a introduit les enfants à la descente de rivière.

Lors d’une expédition sur la rivière Noire, en Outaouais, il observe des Américains descendre des rapides difficiles à bord de canots en thermoplastique, tandis que les constructeurs québécois n’avaient pas adopté ces nouveaux matériaux.

Développement et défis

Ce qui devait être un passe-temps s’est transformé en PME, malgré des obstacles significatifs. Lorsque le fabricant du Royalex, le thermoplastique utilisé par Esquif, a cessé sa production, Chassé a vu une opportunité. Il a développé son propre thermoplastique laminé, le T-Formex, un processus long et coûteux qui a même conduit à la faillite de l’entreprise, que Chassé a dû racheter.

L’entreprise a mis l’accent sur le design. « Les canots de 16 pieds se ressemblent, mais quand on s’attarde aux performances et à l’usage sur l’eau, il y a beaucoup d’importance sur le plan du design », explique-t-il.

En tant que petite entreprise familiale, Esquif a pu offrir de petites séries nichées, ce qui a contribué à sa réputation. L’entreprise a également misé sur des événements et des festivals pour se faire connaître, plutôt que sur la publicité traditionnelle.

Engagement communautaire

Esquif a constitué une équipe d’ambassadeurs, incluant des instructeurs et des aventuriers, comme Martin Trahan, qui a traversé le Canada en canot. « Ça nous a permis de faire une mise en marché plus ciblée, à peu de coûts, mais qui continue à s’étendre », précise Chassé.

L’avenir semble prometteur pour Esquif. Bien que Chassé ne s’attende pas à des croissances explosives, il souligne que le plaisir de travailler au sein de cette communauté est inestimable.

Chiffre de la semaine : 454

C’est la longueur en kilomètres de la rivière Broadback, une des belles rivières canotables du Québec, dans la région de la baie James.

Source : Article d’Esquif International

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