Affaire Lyhanna : un rapport d'inspection pointe des défaillances graves au parquet d'Auch et en gendarmerie

Affaire Lyhanna : un rapport d’inspection souligne de graves défaillances au parquet d’Auch et en gendarmerie

Le 29 mai 2026, Lyhanna, une fillette de 11 ans, disparaît à la sortie de son collège à Fleurance, dans le Gers. Son corps est retrouvé le 4 juin suivant. Jérôme Barella, rapidement identifié, est mis en examen le 1er juin pour enlèvement et séquestration de mineur. Il était déjà connu des services judiciaires pour des infractions à caractère sexuel.

Face à l’émoi suscité par cette affaire, une mission interministérielle, réunissant l’Inspection générale de la justice (IGJ) et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), a été diligentée dès le 5 juin 2026 par les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de l’Éducation nationale. Le pré-rapport, rendu public le 22 juin 2026, décrit le traitement d’une plainte pour viol déposée le 18 août 2025 par la mère de Rosa, désignée comme A dans le rapport, et met en lumière une chaîne de dysfonctionnements.

Le 22 août 2025, la mère de Rosa, Audrey, et son beau-père sont entendus après que la fillette a révélé les abus subis. Des actes sont réalisés, et l’officier de police judiciaire (OPJ) constate que Jérôme Barella était déjà mis en cause pour des faits similaires. Toutefois, la gestion du dossier s’est révélée problématique. Le 10 octobre 2025, le parquet des mineurs de Toulouse demande le transfert du dossier au parquet d’Auch, mais aucune alerte n’est transmise, entraînant un retard de 32 jours dans l’envoi de la procédure.

À son arrivée au tribunal judiciaire d’Auch, le dossier est classé par erreur dans les affaires non urgentes, entraînant un retard d’enregistrement de 23 jours. Ce n’est qu’après un appel de la mère, en pleurs, que le dossier est enfin enregistré. Les erreurs continuent alors que le substitut, en charge de l’affaire, adresse par erreur la demande de garde à vue à la mauvaise brigade, entraînant un nouveau retard de 13 jours.

Le rapport souligne également des lacunes dans la gestion de l’enquête par la gendarmerie. Malgré la sensibilité du dossier, les actes nécessaires pour avancer dans l’enquête n’ont pas été réalisés, et la mère de Rosa n’a pas reçu d’assistance adéquate.

La mission recommande plusieurs mes, notamment la dématérialisation des procédures judiciaires pour éviter les retards liés à l’envoi papier, et l’amélioration des outils numériques pour le suivi des affaires sensibles. Elle souligne également l’importance de renforcer les effectifs, alors que le rapport indique une hausse de 47 % des viols sur mineurs entre 2021 et 2025 en zone gendarmerie en Occitanie, sans que les effectifs aient suivi dans les mêmes proportions.

Ce pré-rapport, bien qu’urgent, ne traite pas des causes profondes des dysfonctionnements, laissant présager que des investigations plus approfondies, comme celles menées par une commission d’enquête au Sénat, seront nécessaires pour évaluer la gestion de la politique pénale.

Source : rapport d’inspection IGJ et IGGN.

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