Condamnation d’une influenceuse franco-algérienne au Maroc : le silence intrigant de Paris
Alors que la France s’active systématiquement pour obtenir la libération de ses ressortissants arrêtés à l’étranger, elle reste étrangement silencieuse suite à la condamnation d’une influenceuse franco-algérienne au Maroc. Ce silence des autorités françaises, de la classe politique et des médias soulève des interrogations. Les réactions auraient-elles été différentes si les faits s’étaient déroulés dans un autre pays, comme l’Algérie ?
L’influenceuse, Yass Naubelle, a été condamnée à une année de prison ferme et à une amende de 2.000 dirhams (environ 187 euros) pour « diffusion de contenus numériques diffamants à l’encontre de citoyens marocains, ainsi que des propos calomnieux tenus contre une institution publique réglementée ». Son arrestation a eu lieu le 13 juin à l’aéroport de Marrakech alors qu’elle s’apprêtait à retourner en France. Les accusations reposent sur une vidéo dans laquelle elle critiquait les comportements de conduite dangereux de certains automobilistes et l’attitude de certains policiers, accusés de fermer les yeux en échange de pots-de-vin.
Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero a qualifié la vidéo de « farce puérile », soulignant qu’elle ne justifiait en rien une telle condamnation. Par ailleurs, de nombreux touristes étrangers dénoncent régulièrement la corruption des policiers marocains sans être poursuivis.
Avant Yass Naubelle, d’autres Franco-Algériens ont également été incarcérés au Maroc pour des motifs similaires. L’un d’eux, Lyèce, a passé trois mois en prison pour un délit qu’il n’a pas commis, et a rapporté que son origine algérienne avait changé la réaction des policiers lors de son arrestation.
L’indifférence des autorités françaises face à cette situation contraste avec leur réactivité dans d’autres cas, comme pour l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, dont la libération a été activement recherchée, malgré des accusations graves. Cette attitude soulève des questions sur la manière dont Paris traite les cas de ses ressortissants selon le pays dans lequel ils se trouvent.
Les raisons de ce silence restent floues : est-ce dû à la relation historique entre la France et le Maroc, ou à la double nationalité de l’influenceuse ? Quoi qu’il en soit, cette situation met en lumière une inégalité de traitement qui interpelle.
Source : TSA Algérie
