Canicule : pourquoi la chaleur reste piégée dans la maison la nuit

La sensation d’étouffement ressentie par des millions de Français lors des vagues de chaleur n’est pas une illusion. Ce phénomène est dû à un effet physique qui se manifeste dès la tombée de la nuit : le déphasage thermique des matériaux de construction.

Quand les murs deviennent des radiateurs

Durant les heures d’exposition au soleil, le béton, les briques et les dalles de nos habitations agissent comme des réservoirs de chaleur, emmagasinant l’énergie solaire. Ce phénomène entraîne un problème qui se manifeste plusieurs heures plus tard. Les matériaux modernes, en raison de leur forte inertie thermique, mettent du temps à restituer la chaleur accumulée.

Ce stockage invisible se libère dans les pièces au moment où les occupants tentent de dormir, annulant ainsi l’effet du courant d’air extérieur.

L’effet méconnu du mobilier thermique

Les murs ne sont pas les seuls responsables de la chaleur excessive à l’intérieur des maisons. Les meubles en bois massif, les tapis, et même la structure des matelas contribuent à ce piège thermique. En accumulant l’air ambiant surchauffé durant l’après-midi, ces objets se transforment en micro-radiateurs nocturnes. L’ouverture des fenêtres peut créer un flux d’air frais, mais cela ne suffit pas à refroidir la masse thermique de la pièce, qui continue de rayonner de la chaleur.

Comment briser le cycle de la surchauffe

Pour contrer cette inertie thermique, une nouvelle stratégie est nécessaire. L’objectif doit être de refroidir la structure plutôt que l’air. Pour cela, la ventilation nocturne doit être maximale et mécanique, utilisant des ventilateurs orientés vers l’extérieur pour évacuer l’air chaud des murs dès le début de la nuit, et non au petit matin.

Par ailleurs, la protection durant la journée, via des stores extérieurs ou des volets fermés, demeure le seul moyen d’empêcher les matériaux de libérer leur chaleur accumulée durant la nuit suivante.

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