Pascal Turbiaut (Directeur Orano Tricastin) :

L’objectif de nos clients américains ? Réduire leur dépendance à la Russie

Le site d’enrichissement d’uranium d’Orano, situé à Tricastin, entre Vaucluse et Drôme, est en plein chantier pour augmenter ses capacités d’enrichissement de 30%. Ce projet représente un investissement de 1,7 milliard d’euros, l’un des plus importants projets industriels en cours en France.

État d’avancement du chantier

Pascal Turbiaut, directeur d’Orano Tricastin, indique que le chantier est à mi-parcours. Validé en 2023, il est prévu que les premières cascades d’enrichissement démarrent en 2028, avec une pleine capacité attendue en 2030. Le génie civil est déjà avancé à plus de 90%, et son achèvement est prévu d’ici la fin de l’année. Actuellement, 500 personnes travaillent sur le site, qui regroupe 180 entreprises, principalement régionales.

Capacité de production future

La capacité de production actuelle de l’usine permet d’alimenter 90 millions de foyers en électricité, correspondant aux besoins combinés de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Avec l’extension, cette capacité devrait atteindre près de 120 millions de foyers.

Demande en uranium

La demande en uranium justifie cet investissement. Bien qu’EDF soit le premier client d’Orano, 70% de la production est destinée à l’exportation. Ce projet a été lancé en réponse à la demande croissante des clients, notamment américains, qui cherchent à réduire leur dépendance aux approvisionnements russes à la suite de la guerre en Ukraine. Actuellement, Rosatom, l’entreprise russe, enrichit 43% de l’uranium civil mondial, contre 12% pour Orano.

Le délai entre la première visite des clients américains en 2022 et l’inauguration de l’usine, prévu en six ans, est considéré comme rapide dans le secteur nucléaire. Cette rapidité est facilitée par la modularité de l’usine et la réutilisation de conceptions antérieures, ce qui réduit le temps réglementaire.

Source : La Tribune

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