Antilles : plus de 80 % de la population serait contaminée au chlordécone

Antilles : Plus de 80 % de la population contaminée au chlordécone

Plus de 80 % des adultes de Guadeloupe et de Martinique sont contaminés au chlordécone, et un sur six dépasse le seuil de risque sanitaire, selon une étude de Santé publique France (SpF) publiée le 23 juin. Cette étude met en lumière la persistance de ce pesticide plus de trente ans après son interdiction.

L’enquête, intitulée Kannari 2, révèle que 81,3 % des adultes en Guadeloupe et 85,5 % en Martinique présentent du chlordécone détectable dans le sang. Réalisée auprès de près de 2 300 personnes, elle a été présentée lors d’un colloque scientifique à Fort-de-France.

Utilisé aux Antilles depuis 1972 et interdit en France métropolitaine dès 1990, le chlordécone a été massivement appliqué dans les bananeraies pour lutter contre le charançon. Cette utilisation a entraîné une contamination durable de nombreuses terres agricoles, des cours d’eau et du milieu marin.

Plus de trente ans après son interdiction, 14,3 % des adultes en Guadeloupe et 18,7 % en Martinique dépassent la valeur toxicologique de référence. Ce seuil indique que « le risque d’apparition d’effets sur la santé au sein de la population ne peut être exclu ».

Bien que l’étude montre un léger recul de l’imprégnation par rapport à une précédente étude de 2013-2014, où plus de 90 % des Antillais étaient contaminés, les disparités restent marquées. Les pêcheurs et agriculteurs, notamment, sont les plus exposés, avec des niveaux de concentration deux à trois fois supérieurs à ceux des autres habitants. De plus, la concentration de chlordécone augmente avec l’âge.

Ces résultats interviennent peu après que la cour d’appel de Paris a confirmé le non-lieu dans le volet pénal du scandale, après vingt ans de procédures. Les avocats des parties civiles ont dénoncé un « jour sombre » et annoncé un pourvoi devant la Cour de cassation.

Source : Santé publique France.

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