La canicule : une violence politique
La France est actuellement frappée par une canicule hors norme, provoquant des tragédies humaines. Des enfants ont été signalés comme morts par noyade, des personnes âgées sont décédées de chaleur, et des étudiants ainsi que des travailleurs sont contraints de s’activer dans des conditions extrêmes. La situation laisse le pays dans un état d’épuisement et de sidération, mais la question se pose : où est la colère face à cette crise ?
Les vagues de chaleur, souvent vécues avec fatalisme, sont désormais considérées comme une violence politique, générée volontairement par des choix économiques et politiques. Dès 1971, TotalEnergies avait conscience des conséquences catastrophiques de ses activités sur le climat. Similairement, ExxonMobil et Shell étaient également au courant, mais ces entreprises ont choisi de ne pas alerter le public et ont plutôt mené des campagnes de désinformation.
Des promesses non tenues
Les gouvernements, quant à eux, ne peuvent pas prétendre ignorer la réalité. Les scientifiques, notamment ceux du GIEC, ont averti depuis des décennies de la gravité du changement climatique et de ses conséquences, y compris l’intensification des vagues de chaleur en Europe de l’Ouest. Pourtant, les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre restent largement insuffisants ou non respectés. L’objectif de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement à 1,5 °C est désormais considéré comme inatteignable.
L’accumulation capitaliste est non négociable
Au lieu d’intensifier les efforts, l’Union européenne fait marche arrière sur plusieurs fronts, comme l’interdiction des voitures thermiques et la réglementation environnementale. Ces reculs aggravent les catastrophes climatiques, comme en témoigne la canicule actuelle. Dans un système capitaliste, la croissance économique infinie prime sur la préservation de l’environnement.
Les décideurs politiques disposent des données scientifiques et savent que leurs choix engendreront des drames supplémentaires. En France, la trajectoire actuelle pourrait mener à une multiplication par dix des jours de chaleur extrême d’ici 2050, avec des températures dépassant les 50 °C dans des villes comme Paris.
Les mille reculs de l’État français
Au nom de l’austérité budgétaire, le budget de la transition écologique est continuellement réduit. Le gouvernement a décidé de couper dans des dispositifs essentiels comme MaPrimeRenov’ et le fonds vert, censé aider les collectivités à s’adapter au changement climatique. Pendant ce temps, des infrastructures critiques, comme le réseau ferré, sont menacées d’effondrement.
Emmanuel Macron, au pouvoir depuis neuf ans, a mis en place des structures pour faire face au climat, mais ses politiques restent insuffisantes. Les alertes sont lancées, mais l’État choisit de reculer.
La canicule actuelle est une agression contre la population, exacerbée par une élite qui semble déconnectée des réalités vécues par la majorité. Résister à cette violence devient une nécessité vitale, et la première étape consiste à la nommer et à ne plus accepter l’inversion du langage qui désigne les défenseurs de l’environnement comme des extrémistes.
La chaleur qui accable les Français est une conséquence directe de choix politiques et économiques délibérés. Il est impératif de reconnaître cette réalité pour susciter une prise de conscience collective et agir avant qu’il ne soit trop tard.
Source : Reporterre
