Le groupe de presse Ebra annonce un plan de départs volontaires
Le groupe de presse Ebra a annoncé ce lundi un plan de départs volontaires qui pourrait concerner jusqu’à 400 postes. Parallèlement, 68 créations de postes sont prévues, principalement dans les rédactions. « Aucun départ ne sera contraint », a précisé le groupe, qui est détenu par le Crédit Mutuel et emploie environ 3 200 salariés. Cette réorganisation survient dans un contexte de transformation profonde du secteur de la presse régionale, confronté à des changements rapides des usages et des revenus.
Ebra regroupe neuf titres majeurs dans l’est de la France, tels que Le Dauphiné libéré, Le Progrès et Les Dernières nouvelles d’Alsace, couvrant 23 départements. Le groupe diffuse plus de 800 000 exemplaires par jour et revendique 21,4 millions de visiteurs uniques par mois sur ses sites. Cependant, il fait face à une baisse des ventes de journaux papier et à une pression accrue des plateformes numériques sur les revenus publicitaires.
Sur les dix dernières années, les ventes au numéro et les abonnements ont été divisés par deux. En 2025, la perte opérationnelle a dépassé les 10 millions d’euros. La direction s’inquiète de cette tendance, estimant que sans actions, cette perte pourrait tripler d’ici 2030, menaçant ainsi l’identité du groupe.
Le plan de départs volontaires sera discuté lors d’un dialogue social, avec une première réunion prévue le 29 juin. Les négociations devraient s’étendre sur plusieurs mois, avec des premiers départs envisagés à partir de 2027. Ce dispositif vise à adapter les effectifs aux nouveaux besoins éditoriaux et technologiques.
Parmi les évolutions envisagées, certaines tâches, comme la mise en page, pourraient être automatisées pour permettre aux journalistes de se concentrer davantage sur le contenu. Le groupe prévoit également d’utiliser l’intelligence artificielle pour simplifier certaines tâches d’édition et de relecture.
Ebra souhaite rajeunir son audience et attirer de nouveaux lecteurs en développant des formats vidéo et audio, ainsi qu’une plateforme numérique commune à ses neuf titres. L’information locale restera une priorité, mais le groupe entend mieux répondre aux besoins de ses lecteurs sur des sujets de la vie quotidienne, tels que le pouvoir d’achat et la santé.
Source : 20 Minutes.
