En Ethiopie, Abiy Ahmed consolide son pouvoir

En Éthiopie, Abiy Ahmed consolide son pouvoir

Le Parti de la prospérité (PP), dirigé par le Premier ministre sortant Abiy Ahmed, a remporté 90 % des sièges à la chambre basse du Parlement lors des élections du 1er juin dernier. Ce scrutin a vu le PP obtenir 438 des 486 sièges finalement attribués, selon la commission électorale (Nebe).

La nouvelle Chambre des représentants du peuple (HoPR) est attendue pour élire le Premier ministre à l’ouverture de la session parlementaire, prévue entre fin septembre et début octobre. Abiy Ahmed devrait être candidat à sa propre succession à la tête de l’exécutif du deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, qui compte près de 130 millions d’habitants.

Salué à son arrivée au pouvoir en 2018 pour sa politique d’ouverture, Abiy Ahmed fait face aujourd’hui à des critiques croissantes sur la répression des voix dissidentes. De nombreux journalistes et opposants politiques sont de nouveau emprisonnés.

Des régions sans élections

Les élections n’ont pas eu lieu dans plusieurs régions, notamment au Tigré, où 38 sièges de la HoPR resteront vacants. Le scrutin n’a pas pu se tenir dans cet État régional en raison des conséquences du conflit qui a opposé les forces locales à l’armée fédérale entre 2020 et 2022, faisant environ 600 000 morts et laissant près d’un million de personnes déplacées. Des tensions récentes entre Addis-Abeba et les autorités tigréennes font craindre un nouveau conflit.

D’autres circonscriptions de l’Amhara ont également été exemptées d’élections en raison de menaces de milices nationalistes Fano, qui affrontent les forces fédérales depuis plus de trois ans.

L’ambition de moderniser l’économie

Malgré les troubles, Abiy Ahmed a exprimé sa volonté de moderniser une économie encore largement administrée par l’État. Des projets ambitieux sont en cours, notamment la rénovation des grandes villes et le début de la construction du plus grand aéroport du continent en janvier dernier.

La mission d’observation de l’Union africaine a noté que le scrutin s’est déroulé dans un contexte sécuritaire difficile, particulièrement dans les régions d’Oromia, d’Amhara et du Tigré, où l’insécurité a affecté les activités politiques et la participation des électeurs.

Source : DW.com

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