L’ONU adopte une résolution historique sur les obligations climatiques des États
L’Assemblée générale de l’ONU a adopté, le 20 mai, une résolution consolidant les obligations climatiques des États, un texte jugé crucial par les défenseurs de l’environnement, malgré les concessions obtenues par les grands émetteurs de gaz à effet de serre. Cette résolution a été adoptée avec 141 voix pour et 8 contre, incluant l’Iran, l’Arabie saoudite, Israël, la Russie et les États-Unis.
En mars 2023, à la demande du Vanuatu, les États avaient saisi la Cour internationale de justice (CIJ) pour qu’elle se prononce sur leurs devoirs en matière de changement climatique et évalue les conséquences de l’inaction. En juillet 2025, la CIJ a rendu un avis affirmant que les États qui ne respectent pas leurs obligations climatiques commettent un acte « illicite », ouvrant la voie à des « réparations » pour les pays affectés. Bien que cet avis soit non contraignant, il peut servir de référence pour les tribunaux dans le monde.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué cette résolution comme « une puissante proclamation du droit international, de la justice climatique et de la responsabilité des États à protéger la population face à la crise climatique ».
Cependant, la résolution n’a pas été exempte de critiques. Selon Arnaud Gossement, avocat au barreau de Paris, la portée de cette décision est principalement politique. Il a souligné que l’idée d’un « registre international des dommages » a été écartée, suscitant des inquiétudes quant à la responsabilité des pays émetteurs de gaz à effet de serre.
Les États-Unis, qui avaient précédemment quitté l’Accord de Paris, ont qualifié cette résolution de « très problématique », dénonçant des exigences politiques jugées inappropriées. L’ambassadrice américaine adjointe, Tammy Bruce, a refusé de considérer l’avis de la CIJ comme faisant autorité.
Malgré ces controverses, cette résolution est perçue par certains comme un tournant en matière de responsabilité climatique, appelant tous les États à « honorer les obligations que leur fait le droit international » pour protéger le climat. Elle insiste également sur la nécessité de limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, un objectif adopté par près de 200 pays lors d’une réunion climatique à Dubaï en 2023.
Les défenseurs du climat espèrent que l’idée d’un registre des dommages sera réexaminée à la suite d’un rapport du secrétaire général de l’ONU, qui devra présenter des suggestions pour asr le respect des obligations mises en avant par la CIJ.
Source : La Croix
