Le phénomène émergent de l’anxiété politique

Le phénomène émergent de l’anxiété politique

22 juin 2026

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la perspective d’un second tour entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, et d’une potentielle victoire du Rassemblement National, suscite une inquiétude croissante parmi la population française. Ce climat électoral génère un stress palpable, particulièrement à l’approche des résultats des scrutins.

Les professionnels de la santé mentale, tels que psychologues et psychiatres, constatent une augmentation des discussions politiques dans leurs consultations. Cette tendance est également observée par des politistes, notamment en Amérique du Nord, qui s’efforcent de quantifier ce phénomène.

Le concept de « trouble de stress post-électoral » a été introduit en 2008 par le psychothérapeute Steven Stosny, mais il a gagné en notoriété après l’élection de Donald Trump en 2016. Ce dernier a mis en lumière une nouvelle forme d’anxiété, souvent désignée sous le terme de « Trump anxiety ». En France, la notion de « politico-anxiété » a émergé en 2021, mais c’est la dissolution surprise de l’Assemblée nationale en juin 2024 qui a véritablement catalysé cette inquiétude, alors que beaucoup anticipaient la nomination de Bardella comme Premier ministre lors des Jeux Olympiques de Paris 2024.

Le stress politique se manifeste comme une réaction physiologique à des événements politiques, tandis que l’anxiété politique est liée à l’anticipation de situations politiques jugées menaçantes. Ces phénomènes sont corroborés par des études menées par l’American Psychological Association (APA), qui montrent une augmentation continue du stress électoral : 52 % des adultes américains considèrent l’élection présidentielle comme une source importante de stress en 2016, chiffre passé à 68 % en 2020 et 69 % en 2024.

Des données alarmantes révèlent que 23 % des adultes américains envisagent de déménager à cause de la politique, 20 % rapportent des tensions dans leurs amitiés dues à des divergences politiques, et 18 % affirment avoir perdu le sommeil en raison de préoccupations politiques. Bien qu’il n’existe pas d’enquête équivalente en France, on peut raisonnablement supposer que l’anxiété politique touche un nombre significatif de Français.

Ces enjeux sont exacerbés par la mutation du paysage médiatique, qui expose le public à des informations politiques 24 heures sur 24, favorisant ainsi des émotions fortes telles que la peur et l’indignation. De plus, une tendance à la « psychologisation » des problèmes de santé mentale contribue à rendre ces préoccupations plus visibles.

Il est crucial de prendre en compte ces phénomènes, car ils peuvent affecter non seulement la santé mentale des individus, mais également le fonctionnement des démocraties. Un désengagement politique pourrait résulter de cette anxiété, posant ainsi un dilemme entre le bien-être personnel et l’engagement civique.

Source : Telos

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