La désinformation climatique : une arme stratégique entre la Russie et les États-Unis
L’Observatoire défense climat met en lumière l’instrumentalisation croissante de la désinformation climatique par la Russie et les États-Unis dans le cadre d’ingérences étrangères. Entre 2021 et début 2026, 120 cas de désinformation climatique en Europe ont été attribués à des acteurs russes, tandis que 41 cas provenaient des États-Unis.
Contexte factuel
La désinformation climatique, bien que présente depuis les années 1970, a pris une ampleur significative ces dernières années. Un rapport publié le 19 mai 2026, coordonné par l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) pour le compte de la Direction des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées, souligne que les enjeux climatiques sont désormais intégrés aux opérations d’ingérence étrangère.
Ce rapport révèle que la désinformation climatique s’appuie sur des narratifs souvent complotistes, tels que l’idée que « le réchauffement climatique est un canular » ou que « les changements climatiques servent à asservir la population ». Environ 89 % des cas de désinformation russe ciblent les politiques énergétiques et climatiques européennes.
Données ou statistiques
Les données du rapport indiquent que la désinformation climatique en Europe entre 2021 et début 2026 a été principalement alimentée par des sources russes (120 cas) et américaines (41 cas). Les institutions de l’Union européenne, l’Allemagne et l’Ukraine sont les principales cibles de cette désinformation.
Il est également noté que la désinformation américaine, bien que majoritairement dissimulée, est souvent diffusée par des canaux officiels, représentant 24 % des cas, contre seulement 2 % pour la désinformation russe. Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis a marqué un tournant, avec une augmentation des cas de désinformation climatique à partir de 2024.
Conséquence directe
Cette instrumentalisation de la désinformation climatique pourrait avoir des conséquences significatives sur la préparation des armées et l’anticipation des crises liées aux effets du changement climatique, notamment en matière d’accès à l’eau et à la nourriture. Les chercheurs de l’IRIS soulignent que cette situation pourrait ralentir la réaction des autorités face aux crises à venir.
Source : Observatoire défense climat, rapport coordonné par l’IRIS
