La Coupe du monde de football est omniprésente à Vancouver. Pour Thomas Schneider, consul général de Suisse sur place, le duel entre la Suisse et le pays hôte, le Canada, relève du coup de chance. Les préparatifs durent depuis des mois et l’espoir de voir la Nati rejouer sur la côte ouest reste bien réel.
Sur Granville Street, des supporters tapent dans le ballon entre food trucks et photomatons. Devant les pubs, des fans du monde entier se rassemblent. Les jours de match, plus de 50’000 personnes convergent vers le stade. Mais à quelques rues de là, tout paraît étonnamment normal.
«Quand je regarde par la fenêtre de mon bureau, je ne remarque honnêtement pas grand-chose de la Coupe du monde», reconnaît Thomas Schneider, consul général de Suisse à Vancouver. Son bureau donne directement sur Canada Place, où des navires de croisière accostent chaque jour, déversant des milliers de touristes. Pour beaucoup d’habitants, c’est «business as usual».
Les derniers mois n’ont pourtant pas été aussi ordinaires pour Thomas Schneider et son équipe. Depuis l’automne dernier, le consulat général se prépare au tournoi : briefings avec les organisateurs, discussions avec la police et les autorités, planifications pour le cas où des supporters suisses auraient besoin d’aide.
Une grande opportunité pour la Suisse
«Nous nous occupons intensivement de la Coupe du monde depuis plus de six mois», indique Thomas Schneider. Mais de tels préparatifs relèvent aussi du «business as usual» pour une représentation suisse à l’étranger.
Le tirage au sort des groupes, en décembre, l’a particulièrement réjoui. Le fait que la Suisse affronte précisément le pays hôte à Vancouver, il le qualifie de «jackpot».
Pour la présence suisse au Canada, ce match représente une occasion unique. La Suisse bénéficie d’une forte attention : depuis le tirage, le duel entre les deux pays revient régulièrement dans les conversations, tant professionnelles que privées.
Avec 41’958 Suisses enregistrés, le Canada abrite la cinquième plus grande communauté helvétique de l’étranger au monde – après la France, l’Allemagne, les États‑Unis et l’Italie.
Espoir de nouveaux matches de la Nati au Canada
La communauté suisse sur place suit également la Coupe du monde. Le consulat général informe via newsletters, réseaux sociaux et une page spéciale dédiée à l’événement. Une base de supporters suisses a été installée dans un pub du centre-ville.
Le résultat contre le Qatar a toutefois suscité une certaine déception. Thomas Schneider a lui aussi suivi la rencontre. «Les attentes étaient très élevées», dit-il. L’égalisation de dernière minute a été «extrêmement agaçante». «Nous étions tous un peu sans voix», ajoute-t-il. Mais après la victoire contre la Bosnie-Herzégovine, les chances de remporter le groupe restent intactes.
En Amérique du Nord, l’équipe de Suisse de football jouera devant les fans qui ont fait le voyage mais aussi sous les acclamations des nombreux Suisses de l’étranger vivant aux États-Unis et au Canada.
Avant le début de la compétition, Swissinfo a interrogé des Suisses de San Francisco, Los Angeles et Vancouver, trois villes où la «Nati» jouera pendant la Coupe du monde. Comment vivent-ils le tournoi au sein de leur nouvelle patrie ? Et que signifie pour eux de voir la Suisse à deux pas de chez eux, sur le terrain ?
Le coup d’envoi de ces rencontres a été donné avec une famille suisse établie dans la Silicon Valley.
Le dernier match de groupe de la Suisse en Amérique du Nord est : Suisse – Canada, 24.06.2026, Vancouver
Ces espoirs ne sont pas totalement désintéressés : si la Suisse gagne son groupe, le huitième de finale se jouerait lui aussi à Vancouver. Avec d’autres succès, un troisième match pourrait même avoir lieu sur place. «Nous l’avons en tête», confie Thomas Schneider en riant. Il ne veut toutefois pas mettre trop de pression sur la Nati.
Mais il en est convaincu : «Vancouver est une ville idéale pour une Coupe du monde.» Entre mer, montagnes et stade central, les atouts ne manquent pas.
Une passion de longue date
Le tournoi mobilise aussi le consul à titre personnel. Passionné de football, il a grandi à Muri, près de Berne, où son père présidait le FC Muri-Gümligen. «Je dis souvent que je suis né sur un terrain de football.»
Au Département fédéral des affaires étrangères, il a déjà vécu une Coupe du monde sur le terrain, celle de 1998 en France. Il avait même obtenu un billet pour la finale à Paris et assisté au sacre des Bleus.
En 2022, il suivait la Nati au Qatar. Aujourd’hui, il se réjouit du match au BC Place à Vancouver.
Des billets hors de portée
Tous les Suisses sur place n’auront pas cette chance. «Il est presque impossible d’obtenir des billets, et les prix sont exorbitants», écrit une Suissesse de Vancouver. Thomas Schneider le confirme : les tarifs dissuadent de nombreux supporters.
Le nombre de fans suisses attendus reste incertain. Le consul évoque quelque 4000 personnes. Là encore, rien d’exceptionnel. «Un vol direct relie Zurich à Vancouver chaque jour, rappelle-t-il. Avec environ 10’000 touristes suisses par an, nous avons l’habitude.»
À l’approche du match, Thomas Schneider n’attend qu’une chose : «une fête du football». Les conditions sont réunies. La sélection suisse peut encore viser haut – à elle de changer de rythme.
Il n’en doute pas. Quant à son joueur favori, il cite sans hésiter Breel Embolo : «Une personnalité intéressante, aussi en dehors du terrain.» Le consul général apprécie les joueurs de caractère et espère voir Breel Embolo et ses coéquipiers marquer cette Coupe du monde.
Texte original en anglais relu et vérifié par Marc Leutenegger, version française adaptée et vérifiée par Olivier Pauchard
Source : Swissinfo.
