Garder la fraîcheur, c’est la bataille du quotidien
Comment les habitants des villages de la Drôme, pourtant habitués à la chaleur, font-ils face à cette canicule intense ? Ni mieux ni moins bien que les urbains. Ils sortent à la fraîche et se calfeutrent pendant les heures brûlantes.
C’est un village tout rond, typique des anciens villages fortifiés, situé dans une Drôme déjà provençale, à 15 kilomètres à l’est de Montélimar. Il n’est pas encore 10 heures et la température approche les 30 degrés. Si la nuit a offert une fraîcheur relative, il n’en reste rien.
Aujourd’hui, c’est jour de marché, un marché de poche avec quelques bancs de fruits et légumes, melons bien rayés et tomates aux joues rouges. Certains vendeurs ont presque tout vendu, comme Bernard, dont le fils est parti chercher des marchandises supplémentaires. « Ce matin, les premiers clients sont venus vers 6 heures et demie ! D’habitude, ils sont là deux heures plus tard », raconte-t-il.
Le banc voisin appartient à Johan Blanc, le poissonnier. Entre deux filets de saumon et des pelletées de glace pilée, il ne semble pas trop éprouvé par la chaleur. « Moi, je suis bien protégé par mon auvent, j’ai des ventilateurs. Et puis j’ai la glace ! Les clients sont au rendez-vous, ils viennent plus tôt, c’est tout. »
À quelques pas de là, Liliane discute à l’ombre d’un arbre avec Patrick, un retraité. « Moi, je suis diabétique, j’ai un certain âge, et je vis très mal cette chaleur. Je sors tôt le matin pour marcher un peu, mais l’après-midi, je reste dedans. C’est dommage, car l’été, il y a beaucoup de festivités ici, et avec cette canicule, on profite de rien ! »
Il est un peu plus de 11 heures et la chaleur monte. Dans ce village d’à peine mille âmes, toutes les maisons ont les portes et volets clos, comme assoupies. Dans les rues, peu de monde. Anne rentre chez elle après les courses. Sa maison est plongée dans la pénombre, chaque pièce vibrante du bruit d’un ventilateur. Elle allume la radio et se met en cuisine, mais évite de préparer des plats chauds.
« Ma maison a des murs en pierre, donc elle garde la fraîcheur. Mais c’est une bataille du quotidien, dès qu’on se lève. Je cuisine avant 9h30, je ventile, j’aère, j’évite les cuissons. Je prépare des salades, on mange froid. Chaque degré compte ! » explique-t-elle.
Aujourd’hui, la température devrait encore frôler les 39 degrés. Les habitants de Cléon d’Andran se préparent à une longue sieste, espérant que la chaleur se calme.
Source : France 3 Rhône Alpes
