Nvidia propose un nouveau design pour les data centers qui repose sur un refroidissement 100 % liquide, dont la particularité est d’être assez chaud — plus qu’un jacuzzi.
Des centres de données ont un besoin en apport électrique permanent, doivent être correctement refroidis pour fonctionner et doivent composer avec un monde de plus en plus chaud. Cette équation complexe est celle à laquelle font face les constructeurs de data centers, alors que la demande mondiale ne cesse d’augmenter, notamment en raison de l’IA.
Face à ces défis et aux critiques croissantes sur l’impact écologique de ces sites, le secteur recherche des optimisations techniques. Lors de la conférence Build 2026, Microsoft a présenté les avantages d’une nouvelle génération de data centers qui seraient conçus pour ne pas consommer plus d’eau qu’un restaurant à l’année.
Récemment, Nvidia a également dévoilé un guide de conception pour les infrastructures d’IA, mettant en avant un système de refroidissement 100 % liquide, présenté le 21 juin 2026.
Amener du chaud pour évacuer du très chaud
L’approche de Nvidia consiste à faire fonctionner le système de refroidissement à des températures plus élevées. Ce modèle d’infrastructure, appelé Nvidia DSX, abandonne les ventilateurs traditionnels au profit d’un refroidissement entièrement liquide. Le système est conçu pour accepter un fluide de refroidissement entrant à 45 °C, une température plus élevée que celle d’un jacuzzi.
Pour évacuer efficacement la chaleur, le fluide sort de la machine à environ 55 °C, ce qui lui permet de rester plus chaud que l’air ambiant, même lors de vagues de chaleur.
Consommation d’eau en chute libre
Selon Nvidia, cette méthode pourrait réduire la consommation d’eau à « près de zéro », contre environ 10 millions de litres par mégawatt et par an pour un data center classique utilisant des tours aéroréfrigérantes. Le fluide circulerait en boucle fermée, éliminant le besoin d’un apport constant d’eau.
Pour les exploitants de centres de données, cette transition vers un refroidissement 100 % liquide devient une nécessité. Nvidia affirme que l’ensemble de l’écosystème suit cette tendance, considérée comme une condition essentielle pour intégrer la plateforme Rubin.
En outre, cette architecture permet de réduire l’espace physique occupé par les serveurs, divisant par trois l’encombrement dans les baies de calcul. Toutefois, le coût de construction de ces nouveaux centres n’est pas précisé, et la complexité accrue de la plomberie interne pourrait poser des défis supplémentaires.
Enfin, bien que cette optimisation de la consommation d’eau et cette meilleure résilience face à la chaleur soient des avancées significatives, elles n’affectent pas la consommation électrique, qui continuera d’augmenter avec l’essor de l’IA.
Source : Numerama
